L'angoisse alimentaire : quand la nourriture contrôle ta vie

01 Octobre 2017 | Anne-Marie Gobeil

*AVERTISSEMENT : Le contenu de cet article n’exploite pas un avis médical. Il exprime uniquement de mon expérience et opinion personnelle. *

Si je te parle d’angoisse alimentaire, tu ne sais peut-être pas exactement à quoi je fais référence et ce, même si tu as vécu ou vis actuellement ce même type d’anxiété relié à la nourriture. 

C’est que le sujet est rarement abordé et encore moins crédibilisé. Encore pire, toutes les femmes qui en souffre ressentent un sentiment extrême de honte et n’ont pas tendance à rechercher du support ou de l’aide, de peur d’être jugée. Pourtant c’est tellement commun !

Par angoisse alimentaire, je parle du phénomène qui s’empare de toi et qui t’induit un stress incroyable quant à ton alimentation ; tu te mets à penser à ce que tu vas manger dès ton réveil, les pensées qui s’acharnent à calculer chaque calorie ou chaque macro nutriments s’affairent tout au long de ta journée, tu es en proie à une réelle anxiété si tu es confrontée à des aliments malsains ou à devoir manger chez quelqu’un qui t’invite à souper - et, oh, ne parlons même pas des restaurants ! Cette angoisse roule en boucle, jour après jour, de façon à devenir une deuxième nature pour toi. Tranquillement, tu cesses de te rendre compte de tes manies excessives et de tes envies de contrôle alimentaire - c’est juste devenu ta vie entière de gérer ton assiette. 

Est-ce que j’ai déjà vécu uniquement que pour gérer mes aliments et parfaitement répondre à mes besoins caloriques journaliers ? Certainement que je suis passée par là, et certainement que ça duré LONGTEMPS avant que je veuille bien me rendre à l’évidence que quelque chose clochait.

Je ne me souviens pas d’une période de ma vie de jeune femme durant laquelle je n’étais pas préoccupée par mon alimentation, mon corps ou mon poids. J’ai commencé à compter religieusement les calories à 15 ans. Je tenais un journal où je m’étais fixé comme objectif de manger 1300 calories par jour. Selon les informations (faussées et absurdes) que j’avais trouvé dans des magazines et des livres minceur, c’était totalement déraisonnable (seigneur, qu’on me vienne en aide !) Je me souviens du sentiment de satisfaction intense quand j’étais vraiment en contrôle de la situation et du sentiment ravageur de honte qui m’habitait quand je cédais à la tentation de manger des biscuits. 

Ça s’est poursuivi jusqu’à il y a tout juste 6 mois, sois jusqu’à mes 23 ans. Ça prit différentes formes; ça muté cette affaire-là, tu vois. Durant mon adolescence, je faisais la grève aux calories, mais à l’aube de mes vingt ans c’était maintenant l’idée de couper les glucides et de manger 200 gr de protéines par jour qui habitait mes songes, puis ça s’est transformé en peur bleue du gluten, du lactose, de l’alcool et du sucre. Sauf que, peu importe le masque que ça prenais, c’était toujours le même monstre qui agissait.

LA DIFFÉRENCE ENTRE DIÈTE ET NUTRITION

Manger est : acte de nourrir son corps. 
Manger n’est pas : un écart, une « triche », un échappatoire, un casse-tête, une tentation. 
Manger, c’est JUSTE manger. 

Beaucoup de gens confondent diète et nutrition ou bien se perdent entre les deux. Une diète, peu importe ce à quoi elle ressemble, ce qu’elle permet, ce qu’elle proscrit - parce qu’on sait que des diètes, il y en a deux milliards ! - est dédiée à t’imposer un facteur limitatif, à te restreindre. Une diète te dit que certains aliments sont bons, et d’autres mauvais. Une diète ne te montre pas tout le portrait, elle te dit simplement que tu dois fais ci et ça si tu veux passer du point A au point B et que le reste, ça n’est pas de son département. 

La nutrition, ou le plan alimentaire qui t’apprend à te nourrir sainement est très différent. Justement, l’objectif est d’apprendre et pas juste d’obéir sans réfléchir comme tu le ferais avec une diète. Tu es censée porter une attention particulière à un ensemble d’autres facteurs que juste les calories ou juste les macro nutriments que contient un aliment. « Comment je me SENS quand je mange ça? Est-ce que ça me correspond cette façon de manger? », « Est-ce que j’aime ce que je mange? », « Est-ce que j’ai faim? Est-ce que je digère bien? », « Est-ce que je me vois toujours manger sainement dans 10 ans? ». « Pourquoi je veux choisis CES aliments-là? », « Quelle est MA définition de manger santé? ». 

Tu vois, apprendre à nourrir ton corps ne t’oblige pas à catégoriser systématiquement les aliments du côtés des « bons » ou des « mauvais ». On s’entend que la définition d’alimentation saine pour une végétarienne et pour une bodybuildeuse sont probablement très différentes, et la réalité, c’est qu’il n’existe pas de MEILLEURE façon de manger universelle. Tous les humains sont différents, autant dans leurs corps, que leurs métabolismes, leurs systèmes digestifs, leurs coutumes, leurs goûts, croyances et préférences. La vraie bonne façon de te nourrir, c’est celle qui te fait sentir BIEN et celle que tu aimes suivre. 

Bien sur, on peut s’entendre sur certains termes généraux pour assurer une meilleure alimentation : beaucoup de végétaux, des noix, des graines, des protéines (peu importe leur source - végétale ou animale), des glucides complexes et des aliments non transformés sont au menu. Cependant, il n’y a rien de plus faux que de croire que le contenu de ton assiette mérite que tu angoisses du matin au soir. Surtout, si la nourriture ou les diètes contrôlent tes pensées, tu as perdu TA voix. Et sans elle, tu ne sais même pas ce que TOI tu veux. 

 

COMMENT SAVOIR SI ON EST ANXIEUSE VIS-À-VIS LA NOURRITURE

L’anxiété alimentaire fait des dommages lentement et sournoisement; ça prend beaucoup d’acharnement de notre part pour que des effets physiques se manifestent (comme un taux de cortisol très élevé, une digestion endommagée et un métabolisme ralenti) , mais ça laisse des marques psychologiques assez rapidement.

Premièrement, on peut avoir tendance à décliner les invitations qui implique de la nourriture ou l’impossibilité de prévoir nos propres repas, comme une sortie au restaurant ou bien une escapade en camping. Quand la nourriture contrôle notre vie, on s’isole, on évite de se mettre en péril et en proie aux tentations. 

Il est aussi possible qu’on commence à voir des changements dans notre comportement avec les autres; je me souviens d’être très sur la défensive, agressive quand j’étais au pire de mon anxiété alimentaire. Également, j’avais beaucoup de difficulté à parler d’autres choses que de nourriture, de calories, de macro-nutriments ou de diètes. Ça m’obsédait.

Évidemment, nos relations peuvent grandement en souffrir aussi. Durant ces périodes sombres, je me souviens d’avoir constamment un comportement auto-saboteur peu importe ce que j’entreprenais. Il faut dire que l’anxiété alimentaire a le don de nous prendre toute notre énergie et drôlement, c’est comme si on ne trouvait pas qu’on « méritait » des relations fleurissantes tant et aussi longtemps qu’on ne dominait pas notre alimentation. Je me souviens d’avoir très peu de confiance en moi quand j’enchainais mon corps à ce stress omniprésent ; c’est presque comme si je voulais me punir de ne pas être à la hauteur. 

Dans les thèmes de l’angoisse ou anxiété alimentaire, il se produit souvent des effets secondaires qui nous plongent encore plus dans la honte : épisodes de « binge-eating » où on dévore compulsivement tout ce qui nous tombe sur la main (oui, même des galettes de riz garnies de beurre ou bien des biscuits Ritz trempés dans la sauce tomate).  

Parfois c’est dur de se rendre à l’évidence, parce qu’on croit qu’il est « normal » de souffrir quand on veut produire des résultats dans notre corps et transformer notre apparence. Mais c’est faux ! Parce que crois-moi que l’anxiété alimentaire n’est PAS une façon de vivre et que tu mérites de savoir comment t’en libérer et comment faire les choses autrement, sans te faire du mal. Et si tu commençais par en parler, avec quelqu’un ou bien avec toi, ça fait du bien.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».