Entre la taille zéro et le plus-size, il y a les athlètes.

26 Novembre 2017 | Anne-Marie Gobeil

Sans+titre

Pour faire court, j'ai vécu (encore une fois) une expérience cauchemardesque de magasinage. En bref, comme je l'ai décris sur mon compte Instagram hier, je me suis aventurée dans plusieurs boutiques à la recherche de la robe idéale pour Noël pour repartir plus-que-découragée.

Ci-haut : En médium, le dos se zippe de justesse, les jambes et le popotin se font une place, mais je pourrais bien être enceinte de 6 mois et la taille me ferait. Verdict : Ajustée aux mauvais endroits; beaucoup trop lousse aux bons endroits.

Ça toujours été difficile de s'habiller si on n'est pas une taille 2. Si on n'est pas filiforme, si on n'a pas les épaules frêles, la poitrine pas trop proéminente ou les jambes longues et minces. Ce n'est pas un secret pour personne ; ce n'est jamais simple de trouver un ensemble qui nous avantage. Mais, ça l'est définitivement encore moins quand on est une athlète. 

Je pense aux gymnastes, aux nageuses, aux filles qui font du Crossfit, du Powerlifting, de la musculation ou encore de l'aviron. Nous a-t-on oublié? Ou bien nous a-t-on volontairement ignoré en pensant que nous aimions mieux vivre en leggings et en brassière de sport, de toute façon. S'il existe un mythe selon lequel les sportives n'ont pas bon goût ou ne cultivent aucun intérêt envers la mode, ce dernier serait plus-que-faux.

Nous sommes des femmes. Offrez-nous des vêtements qui nous font et nous les achèterons. C'est simple. Si on avait des options stylisées à portée de main, peut-être bien qu'on sortirait de nos yoga-pants.

Avec l'avenue des modèles tailles-plus et la place de choix qu'on est en train de leur tailler dans l'industrie de la mode, j'ai comme l'impression qu'il y a un peu d'injustice et d'hypocrisie. On parle de diversité, mais on doit à la fois choisir notre camp entre deux extrêmes quand il est question de vêtement : soit, tu es faite délicate et mince, ou soit, tu es toute en courbes. Pourtant, entre la taille zéro et le plus-size, il y a tout un MONDE. Je ne veux pas avoir à me minimiser, à me changer, à réduire l'importance de mon sport ou de mon entraînement. Je ne veux pas avoir à choisir un camp; je veux juste être moi. Je veux simplement être forte, être femme. C'est trop demandé?

Justement, pas loin d'une cinquantaine de femmes athlétiques se sont manifesté sur ma publication en scandant à quel point leurs expériences shopping était tout aussi frustrantes que la mienne. Le truc, c'est que ça ne prend pas grand chose pour être "hors normes". Les vêtements sont taillés pour les femmes qui n'ont aucun courbe occasionnée par le galbe musculaire ; on s'entend -sans offense- qu'un corps qui possèdent des fessiers bombées, des jambes musclées et des épaules rondes n'a rien à voir avec la coupe offerte dans les gammes taille-plus. 

"Fais-toi faire du sur-mesure!", "Fais ajuster tes vêtements!", "Porte des leggings." 

Non et re-non. Je veux être incluse moi aussi. J'ai du goût, je veux des vêtements féminins, classes, de qualité qui sont prêt-à-porter.  Et ne me parle pas de commander en ligne, tu auras compris que c'est BEAUCOUP trop risqué d'acheter sans essayer. 

Avec la diversité qui prend de plus en plus de place dans notre culture, il est naturel qu'on se fasse entendre par le monde de la mode qui nous fait présentement la sourde oreille. 

Si c'est cool de voir des modèles taille-plus dans les magazines et sur les podiums, ne serait-ce pas incroyable qu'on nous montre aussi des athlètes?


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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