Le jour où j'ai cessé de me sentir lâche - Par Valérie Niro

20 Février 2017 | Anne-Marie Gobeil

Ceci est un article de notre collaboratrice Valérie Niro qui est une kinésiologue se donnant pour mission de véhiculer une mode de vie sain et actif. Elle est également une adepte invétérée de l’entraînement en force et en hypertrophie et en powerlifting. Entraîneure personnelle au Centre Père Sablon à Montréal, elle adore voir ses clients progresser et se surpasser !

 

 

En tant que professionnelle de l’entraînement, je côtoie un milieu ou l’apparence physique est un aspect notable. Non seulement nos clients veulent avoir un entraîneur qui paraît en forme, mais en plus, on peut facilement se sentir jugé par nos pairs qui peuvent être plus « fit » que nous. Ça serait hypocrite de ma part de dire que je me fou du jugement des autres face à mon apparence physique, et c’est d’autant plus vrai avec le métier que je pratique. Je mesure 5 pieds 1. Je pèse entre 145 et 148 lb et j'ai un % variant entre gras entre 15-17% (Je ne peux pas être plus transparente).

 

Certes, je reçois plusieurs compliments de clients du gym sur ma « shape », mais pour moi ce n’est jamais assez. C’est l’approbation du milieu du fitness et de l’entraînement que j’ai trop longtemps recherchée. J’ai longtemps pensé que je serais plus crédible aux yeux des clients, mais surtout aux yeux des autres professionnels du fitness et de l’entraînement si j’avais moins de 14% de gras et qu’on voyait mes abdos et mes veines. Pourtant, côté performance, je suis forte, mais ça, ça ne se voit pas du premier abord. J’ai donc longtemps voulu plaire aux « standards » du milieu et j’ai suivi des plans alimentaires pour de mauvaises raisons et c’est seulement maintenant que je le réalise (tu sais, les entraineurs, nous ne sommes pas mieux que nos clients des fois ;p).

Est-ce que les suivis alimentaires ont fonctionné ? Oui. Est-ce que j’ai perdu du gras? Oui. Est-ce que peser sa nourriture et calculer ses macronutriments fonctionne ? Oui.

Dès lors, tout était merveilleux, même si j’avais mis mes objectifs de powerlifting de côté, car je n’avais plus trop d’énergie pour faire de la force. Ce n’était pas trop grave, j’étais « lean » (la fille essayait de se convaincre). Mais, toute bonne chose à une fin. J’ai stagné solide au niveau de mon pourcentage gras qui ne voulait plus diminuer malgré tous les efforts acharnés. Mon poids a commencé à monter. J’avais peur. J’ai recommencé la force et j’étais sur un vrai petit nuage! C’est ça qui me manquait: lever lourd, augmenter mes charges, me sentir forte! Mon poids continuait quand même de me préoccuper, car je mangeais 1350 calories par jour et je m’entrainais comme une débile!

C’est alors que j’ai compris que je devais choisir. Tu veux être «lean» ou tu veux être vraiment forte ? Oui, je sais, les deux peuvent se faire, mais pas au point où j’étais rendu. Je connais mon corps et je sais comment performer.

J’ai choisi la deuxième option (Alléluia). Je ne dis pas que la première n’est pas bonne pour d’autres, mais personnellement, ça ne m’apportera pas autant de satisfaction.

Ceci paraît clair sur papier, mais dans ma tête ce ne l’était pas autant.

Prendre la décision d’arrêter d’essayer de perdre du gras me faisait sentir LÂCHE.

« Bon c’est ça, c’est trop dur, elle ne veut plus faire d’effort, elle abandonne! »

 

C’est lâche d’accepter de prendre du poids.

C’est lâche de ne pas vouloir « progresser » dans la perte de gras.

C’est lâche de ne plus vouloir tout calculer.

C’est lâche de vouloir manger advantage.

C’est lâche de choisir un aliment qui n’est pas dans le plan.

C’est lâche de vouloir manger plus de carbs.

C’est lâche d’aimer son apparence avec un 10 lb de plus.

C’est lâche de choisir un objectif d’entraînement hors norme pour une fille.

 

Or, choisir une option plutôt qu’une autre ne veut pas dire qu’on ne choisit pas l’autre, car on ne s’en croit pas capable. Non, on choisit la première, car c’est LE bon choix. Parfois, il faut se faire confiance, même si l'on a l’impression que les autres n’approuvent pas. Le vrai travail n’est pas d’essayer de plaire aux autres, mais de se plaire à nous même. Ce n’est pas de la lâcheté, c’est de la maturité, une preuve d’estime de soi et une preuve de contrôle sur notre vie.

 

La tendance actuelle dans le milieu du fitness mise beaucoup trop sur la composition corporelle au détriment de la performance et du bien-être! Les photos de transformations sont omniprésentes sur les réseaux sociaux. Je me suis aussi laissée prendre au jeu. Je félicite les gens qui ont pu changer leur corps, mais ce n’est pas et ne dois pas être l’objectif de tout le monde! Personnellement, augmenter mon squat de 30 lb me rendra beaucoup plus fière que d’avoir perdu 2% de gras le mois dernier. Et je me suis sentie coupable de ça : d’être davantage fière de mes performances que d’avoir perdu ou non du gras. Si toi, ta vraie passion, ce sont les sports d’endurance et tu aimerais faire un triathlon, mais que ça fait 3 mois que tu es sur diète keto (moins de 30g de carbs), car tu voulais perdre du gras, mais que tu n’as aucune énergie pour aller courir. Et bien toi aussi tu devras mettre ta priorité de l’avant ! Il n’y a pas de mauvais choix, mais il y a de mauvaises raisons menant à de mauvaises décisions.

Plusieurs se cherchent des objectifs d’entraînement et en effleurant les réseaux sociaux, plusieurs pensent que l’objectif méritoire et convoité est seulement la perte de gras ou la prise de masse alors que l’entraînement, c’est tellement plus que ça.

Soyez hors norme. Faites quelque chose de différent. Démarquez-vous.         

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».