"Tu es forte et tu peux le faire!" & ou comment apprendre à te parler à toi-même

26 Février 2017 | Anne-Marie Gobeil

Aujourd'hui, avec tout cet estrogène en moi - GIRLS, personne n'échappe à Dame Nature et son cadeau mensuel - je me sentais incapable de mettre mon chapeau de Wonderwoman.  Les charges semblaient plus lourdes que d'habitude, mon corps moins rapide. Je me sentais littéralement au neutre. Et il n'y a rien de plus frustrant que de vouloir rouler à 100 miles à l'heure avec un réservoir à essence vide. Et ça m'arrive. Ce n'est pas SI occasionnel que ça. Parfois, je me surprend même à complètement me frustrer avec un mouvement difficile, à perdre mon sang-froid quand je me rend compte que mon corps est plus faible et que je vais DEVOIR lever une charge moins lourde TEMPORAIREMENT, je panique à l'idée d'être moins forte, en fait. Entre deux sacres et un ruminement, bah, ça m'a fait réalisé qu'en étant aussi forte avec mes muscles, ce n'était juste PAS ASSEZ pour faire BIEN sans nécessairement avoir entièrement la force d'esprit pour aller avec .Mais le vrai responsable, ce n'était pas mon corps, c'était ma tête.

Et je suis certaine que tu me ressembles sur ce point toi aussi.

Je suis le genre de personne qui DOIT être dans le bon état d'esprit avant de demander à mon corps de travailler. Si je suis stressée, si je manque de confiance, si j'ai la tête dans les nuages, mon workout ne sera pas bon 100% du temps. C'est immanquable ; je ne peux pas mettre un pied devant l'autre si ma tête est dans le champ.  Que tu sois forte, endurante, exprimentée, débutante, jeune, âgée, en santé, blesseé, crois-moi, ta tête a beaucoup plus à voir avec tes résultats que ton corps.  Et parfois, c'est même plus difficile d'accepter que TU es le problème et que ton corps, tes muscles, tes hormones ne peuvent pas être blamés autant que tu le souhaiterais.

Je pense qu'on a tous naturellement un mode "par défaut" où on se retire quand c'est trop difficile et que notre tête n'est juste pas prête à accepter la douleur.  Quand la douleur physique est trop grande, on ralenti. On se demande pourquoi, bon dieu, on s'est retrouvée en plein coeur de cette torture et on prend panique.

Je crois d'ailleurs qu'en partie, c'est probablement moins ancré en nous, les femmes, de VOULOIR repousser nos limites. Les petits garçons, dès leur jeune âge, eux, sont poussé vers la compétition :quand il est question de courir, de grimper, d'être le plus rapide à vélo ou bien de compter le plus de buts au ballon chasseur, les garçons sont SÉRIEUX et PRIS au sérieux. Les petites filles, nous, on participe sans nécessairement nous sentir propulsées par l'esprit de compétition.  Je sais qu'il y a définitivement des sportives invertérées parmi nous, mais je sais que pour ma part, pour avoir grandi avec deux frères, je n'avais naturellement pas le même intérêt qu'eux envers l'activité physique ni la même fierté à l'idée de compter un but au ballon chasseur. Je me rappelle de moi, à la grande désespération de mes parents, en train de cueillir des pissenlits sur les bords du terrain de soccer, plus intéressée par d'affreuses pousses jaunes que par le fait de pouchasser le ballon.

Ceci étant dit, il faut voir la tâche de développer notre force mentale comme un travail à temps plein si on veut un jour risquer d'atteindre nos objectifs. Que tu le veules ou pas, il te faudra accepter de prendre le contrôle de ta tête si tu ne veux pas te faire mener par la peur et par le manque de confiance. Et pour ça, il va falloir que tu apprennes à te battre contre la petite voix dans ta tête qui te répète que de toute façon, tu vas échouer, et que tu commences à apprendre à te parler à toi-même.

La plupart des gens croient que d'être forte mentalement, c'est simplement d'être disciplinée. Être disciplinée requiert DÉFINITIVEMENT de la force mentale, mais c'est surtout une accumulation de gestes répétitifis qui créent une habitude, qui mène au sens même de la discipline. Tu es disciplinée. Un bon exemple ? Tu brosses tes dents tous les soirs. Pourquoi? Car tu veux atteindre une bonne santé bucco-dentaire et éviter les carries. Tu as un but en tête, tu travailles en fonction de ce but, tu es disciplinée. Même s'il s'agit de toutes petites choses comme le fait de se brosser les dents, l'application de la discipline au quotidien, ce n'est vraiment pas sorcier même dans le cas de choses plus grandes.

Être forte mentalement, ça demande un effort quasi sur-humain. Parce que c'est dans la nature humaine de vouloir nous protéger de situations stressantes ou difficiles. Sauf que...dans un monde moderne, rien n'est donné aux gens qui pensent qu'ils sont nés pour un petit pain. Rien n'est offert à ceux qui ne vont pas là où personne n'est prêt à aller. J'adore la phrase : "Si c'était facile, tout le monde le ferait" parce que je crois que c'est la meilleure façon de me recentrer sur le fait que c'est NORMAL que je trouve ça difficile, mais que c'est aussi CORRECT de me sentir ainsi. Ultimement, ce n'est pas parce que c'est DIFFICILE que c'est une mauvaise chose, AU CONTRAIRE!

Bon, alors comment je peux devenir plus forte mentalement et accomplir tous mes objectifs?

Tu n'aimeras pas ma réponse.

Tu dois échouer, souffrir, échouer à nouveau et apprendre. Personne ne grandit dans le confort. Tu DOIS être prête à te mettre "en danger". Pas littéralement (je ne veux pas te voir te précipiter sur un site web de saut en parachute alors que tu lis ces lignes!), mais tu dois être inconfortable. Tu dois TRAVAILLER. Souffrir, aussi. Physiquement surtout, parce que la réalité, c'est que ta tête va abandonné BIEN AVANT que ton corps le fasse.

La meilleure façon de devenir plus forte mentalement ne sera pas trouvée dans une page de motivation. Elle ne proviendra pas non plus des médias sociaux, ni même de ton ou ta coach, si tu en as un/une. Personne d'autre n'habite ta tête. Personne d'autre ne ressens TA douleur. Tu DOIS apprendre à te parler; littéralement. Je me parle fréquement. Tous les jours ! À chaque entraînement. Et les choses que tu CHOISIS de te raconter auront 100% d'influence sur ce que ton corps entendra et reproduira. Si tu te répètes : "Je ne suis pas capable. Je ne PEUX PAS faire ÇA!", tu ne réussira tout simplement pas. Ce n'est pas sorcier, 1 + 1 = 2. Si tu t'encourages mentalement et que tu ACCEPTES la situation ainsi : "Anne-Marie, ça va faire mal. Très mal. Mais, c'est correct que tu ressentes la douleur physique car tu VA RÉUSSIR cet entraînement et après, tu te sentiras bien à nouveau. Vas-y, fille, fonce." tu ne vas PAS ÉCHOUER. Tu vas rapidement te retrouver du BON côté du mur.

Je ne peux pas dire que je suis forte mentalement. Pas encore. Et je crois que plus tu deviens forte mentalement, plus tu réalises qu'il y a TOUJOURS place à l'amélioration. Et plus tu t'améliores, drôlement, plus d'objectifs tu atteints. Plus de montagnes tu déplaces. Tu peux faire des choses que tu croyais jadis complètement folles, incensées et hors d'atteinte avec la bonne dose de force mentale. 

Ton corps est ton véhicule, ta tête est ton moteur et ta force est ton carburant. 3, 2, 1...Prépares-toi à courser.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».