Thick-Fit : Quand être fit et en santé font la paire

11 Avril 2017 | Anne-Marie Gobeil

Dans les dernières années, on a vu l'apogée de différents types morphologiques moins "atypiques". 

J'ai grandi dans les années 00', ce qui veut dire que pour la majeure partie de mon passage de fillette à femme, j'ai été bombardée d'images de filles blanches, blondes et minces à l'extrêmes qui portaient leurs strings hors de leurs jeans (si tu as entre 22 et 27 ans, tu as toi aussi été MARQUÉE au fer rouge par cette fameuse scène de la série Degrassi sur notre génération). Sans farces, l'hypersexualisation, la dépression de Britney Spears et les Frères Scott, ça, c'est ce qu'on nous as servi à nous, les derniers milléniaux. Du pré-fabriqué, du limpide et surtout du "One-Size-Fits-All". Récemment, par contre, les icônes comme Ashley Graham, la célèbre mannequin taille plus, ainsi que Michelle Lewin, la méga-star Fitness des médias sociaux nous ont servis des idéaux corporels tellement différents de ce qu'ont étaient habituées de voir dans les magazines, mais pourtant tellement plus intrigants, inspirants et rafraîchissants.

Je ne crois pas être la seule qui se reconnaît dans ces deux extra-pôles : La fille curvy et la fille découpée et musclée. J'ai de l'admiration, mais surtout un attachement PARTICULIER pour ces deux types de femmes : l'athlète musclée qui représente la FORCE et la modèle en courbes et souriante qui représente la DOUCEUR.  

Malheureusement, les débats de basse-court sur ce à quoi ça devrait ressembler "une VRAIE femme" ont toujours lieu. En réalité, il n'y a pas de "critères" pour "ressembler" à une femme sauf d'en être  une née.

À quoi ça rime que tu me parles de ça, Anne-Ma?

Bien, tu sais, ces deux femmes-là, ces deux extrêmes-là, quand elles sont en harmonie chez une femme ça produit des miracles. Je crois que je suis inspirée par ces femmes-là, aussi différentes soient-elles, parce que ça me rappelle que je suis normale.

 

Une femme, c'est une alliance de tellement de traits contraires, comme la force et la douceur. Les femmes, nous nous différencions des hommes par notre capacité à mettre plusieurs chapeaux. Même nos corps sont battis ainsi; plus tolérants à la douleur que ceux des hommes, assez forts pour porter un enfant, mais aussi plus doux, plus cajoleurs et réconfortants (carrément, nos niveaux hormonaux nous prédisposent à accumuler du gras plus facilement que la gente masculine). 

C'est intéressant, parce qu'on a oublié qu'on n'avait pas BESOIN de choisir notre camp.

Une femme, ça peut être TOUT à la fois. Je me suis souvent fait reprochée dans le monde du fitness d'être "grasse" ou "enrobée" (maintenant je leur envoie un doigt du milieu et un dictionnaire pour rechercher la signification de ces deux mots) parce que je n'ai jamais été découpée au couteau.

En fait, oui, une fois, j'ai été vraiment découpée en compétition, et mon corps n'a jamais été aussi MALADE. En dehors, je semblais au TOP de ma forme; j'avais des abdos! Life = complète, non ? Non, j'avais de SÉRIEUX troubles intestinaux, j'avais une disjonction de ma glande thyroïde, un métabolisme endommagé, mes règles avaient complètement cessé et je souffrais d'un épuisement des glandes surrénales. 

Bref, je n'ai jamais marché cette Terre avec un 6-pack dans une main et ma santé dans l'autre. Et on me l'a juste reproché. Comme si être FIT, ça ne se pouvait pas sans un taux de gras dangereusement bas. Et ça, c'est PERTURBANT!

Et ça fait quelques temps que je réfléchis sur le sujet. Certes, ne pas avoir un 6-pack c'est moins "impressionnant", mais je te parie que je peux soulever au moins 3 fois plus que cette fille-là, sous-alimentée et épuisée. Je peux probablement m'entraîner vraiment plus fort, courir plus vite et plus longtemps aussi! Au fait, demain, je pourrais décider d'aller escalader une montagne, courir un 10 km, faire un nouveau record personnel au deadlift sans problème. Je peux le faire parce que manger et s'entraîner pour performer et pour être en santé, ça n'a rien à voir avec manger et s'entraîner pour avoir l'air de s'entraîner. 

SHOTS FIRED.

J'ai vu une tendance prendre un peu plus d'ampleur sur les médias sociaux dans les deux dernières années; d'abord sur Instagram avec le tag #ThickFit, puis avec la méga-tendance anti-anorexie #GainingWeightIsCool. Et ça juste cliqué.

J'ai un taux de gras dans la moyenne-basse parce que je fais très attention à ce que je mange, que je m'entraînes très fort, mais pour moi - comme pour la majorité des femmes - il me faudrait avoir recours à des mesures EXTRÊMES pour être MÉGA-DÉCOUPÉE. Et c'est un peu fucké, sais-tu, parce que comme je l'expliquais plus haut, avoir un taux de gras dans les 8-10% requerrait que je fasse une croix sur ma santé. Quel espèce de monnaie d'échange MERDIQUE?

De toute façon, j'aime mon taux de gras comme il est. Je performe sans problème et je prends de la force, même après 5 ans d'entraînement. Je me sens ATHLÈTE. Forte.

Aussi, j'ai des courbes - laisse-moi te confirmer que tes brassières et tes bobettes sont lousses en s'il-vous-plaît à 8% de gras! Je me sens vraiment très féminine quand je mets une robe moulante. Je me sens BIEN et je sais que mon corps fonctionne le MIEUX autour des 16-20% de gras.  Pour une femme, il suffit de descendre trop bas pour chambouler gravement nos hormones et crois-moi, je ne veux plus JAMAIS vivre ça!

J'ai vraiment le meilleur des deux mondes. Et je crois qu'il est temps de changer notre définition de "FIT" et "THICK". Je crois qu'il est temps de remettre à jour notre définition du mot "ATHLÈTE". Pourquoi pas le mot "SANTÉ" tant qu'à y être. Il est temps d'accepter que tu PEUX être en forme et être en courbes, peu importe si "courbes" veut dire 12% ou 25% de gras pour TON corps à toi. 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».