Ce que tu penses de mon corps : Je m'en fou.

25 Juin 2017 | Anne-Marie Gobeil

Pendant longtemps, j'ai fait les choses à l'envers.

Beaucoup de femmes font les choses à l'envers. En fait, je pense que beaucoup de femmes sont confuses quand il est question de s'entraîner et de voir son corps changer. Je sais, parce que souffrir pour voir son corps se transformer, c'est tellement logique. 

Bien non, en fait, ce n'est pas logique du tout. 

Tu bouges. Plus tu bouges, plus tu changes. Pas le contraire. Que tu veules ressembler à une yogi ou devenir vraiment musclée, ton physique, c'est juste une effet secondaire. Ce n'est pas ÇA qui est important.

Toute ma vie, on m'a perçue pour mon corps. Que ce soit quand j'étais toute minuscule parce que je mangeais deux fois par jour et qu'on me complimentait sur mon look "féminin" ou bien que ce soit quand on classait mon physique impressionnant 30 lbs de muscle plus tard comme robuste et masculin, on m'a toujours perçue selon mon apparence extérieure et c'est vraiment uniquement ce à quoi les gens ont toujours semblé être intéressés. 

Positivement ou négativement, c'est comme si je ne valait que mon corps. Parce que toutes les femmes semblent glorifier ou dénigrer uniquement le résultat et pas tout ce qui se cache derrière.

Je vais faire attention pour ne pas te perdre, parce que je veux que tu comprennes LA BONNE CHOSE en lisant ce qui suit.

Prenons les médias par exemple. On essaie de te catégoriser en diversifiant les modèles de corps. Soudainement, tu cligne des yeux et on te présente maintenant une modèle taille-plus comme étant LA "vraie" femme que le monde entier attendait de voir apparaître sur les pages d'un magazine. À l'opposé, dans les médias sociaux, tu es bombardée par les FitGirls qui se battent  ELLES-AUSSI pour le statut de "vraie" femme.  

Pourquoi on ne parle jamais des athlètes, au fait? Pas de "Comment avoir leur abdos?" mais bien de jaser des choses incroyables que ces femmes-là peuvent accomplir.

Je ne sais pas pour toi, mais soudainement, je me sens vraiment confuse quant à mon corps et à pourquoi je veux qu'il change ou qu'il ne change pas.

C'est comme si, je ne sais pas si je dois m'aimer comme je suis ou viser à me transformer pour m'aimer plus? Je ne m'aime pas avec le corps que j'ai, mais...je ne pense pas m'aimer plus avec le corps que je veux. 
C'est parce que dans le même 5 minute, quand je fais défiler mon actualité, je peux tomber sur une phrase vraiment inspirante qui me dit d'aimer mes courbes et me faire suggérer d'acheter une crème anti-cellulite.

Aussi, c'est parce qu'en étant un peu dans l'oeil publique avec les Internets et tout ce qui vient avec, il y a des inconnus qui se sentent interpellés de me rappeler à quel point je suis trop ci ou trop ça. Que je suis tantôt hideuse, tantôt magnifique, en passant par des commentaires sexuels et vulgaires qu'on va s'épargner de citer. Souvent, les commentaires haineux viennent de femmes. Aujourd'hui, justement, on m'a dit que c'était ma faute si les jeunes filles n'avaient pas confiance en elles et détestaient leur corps parce que je portais des shorts "trop courtes" dans un vidéo dans lequel je fais des pull-ups dans un parc. Sérieusement là? 
Plutôt que de se faire parler de ce qu'on FAIT, nous les femmes, on se fait parler de ce qu'on a l'air.

Help?

Ça c'était moi avant. Avant que je commence à solidement me FOUTRE de ce à quoi mon corps ressemble. 

"Anne-Marie, c'est IMPOSSIBLE que tu te foutes tout simplement de ton apparence voyons!" 

Ok. Reformulons.
Je me fiche carrément de ce que quiconque va me passer comme commentaire sur mon corps. Et ça inclut AUSSI les commentaires que MOI, dans un moment de faiblesse, je pourrais potentiellement me passer en m'analysant dans le miroir ou en me comparant à une autre femme.

C'est que, c'est tellement différent pour moi. 

Le mouvement, le fait de pouvoir bouger mon corps comme je le veux, c'est tellement plus que de bien paraître dans une robe moulante. Ça va au delà de plaire à mon copain et de me pavaner sur les médias sociaux pour récolter du support virtuel. 

Le mouvement, ma capacité à courir, sauter, grimper, soulever de terre des charges plus lourdes que mon propre poids, ça me fait sentir en vie. Ça me fait sentir maître de mes capacités. Complètement invincible. Ça me fais juste sentir FOUTUMENT BIEN. 

Est-ce que j'ai VRAIMENT BESOIN de vouloir tout changer sur mon corps pour avoir le droit de passer une heure par jour à m'entraîner? Est-ce que j'ai VRAIMENT BESOIN d'aimer toutes les parties de mon corps pour transpirer? Ça n'a même pas RAPPORT avec mon look. Plus maintenant. Mon look passe vraiment en dernier. 

Si je n'ai pas de plaisir en entraînement, je n'ai pas de look "fit". Parce que si je n'ai pas de plaisir, je ne m'entraîne pas aussi dur, aussi fort, aussi passionnément. Je ne suis pas motivée. Et si je ne suis pas heureuse quand je bouge, je ne bougerai pas. Je ne sais plus comment le dire, parce que je ne peux pas te convaincre : Le body, c'est secondaire, se sentir en forme, agile et énergique, c'est primaire. Quand tu mets des boeufs devant la carriole, ça avance, pas le contraire!

Je pense que beaucoup de femmes cherchent une RAISON pour s'entraîner. Une façon de JUSTIFIER ces 50 burpees ou ces squats intimidants. Une raison à donner à leur entourage ou bien à se donner à elles-mêmes quand elles pleurent devant le reflet que le miroir leur renvoie. La plupart des femmes font les choses à l'envers en cherchant les résultats à où devrait se trouver le sentiment de fierté en finissant un entraînement difficile. 

Es-tu comme moi; aimerais-tu qu'on arrête de parler du corps des femmes pour ce de quoi il a l'air et qu'on ouvre la discussion sur ce qu'il peut FAIRE?

Ah et puis, j'oubliais : Si jamais quelqu'un a envie de me laisser savoir ce qu'il pense de mon corps, eh bien, je m'en fou d'avance. Il faudra trouver quelque chose de plus élaborer à dire :)

 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».