Pour toutes celles qui ont peur de décevoir quelqu'un

06 Août 2017 | Anne-Marie Gobeil

Je pense que la meilleure chose avec le fait d'avoir un blog, c'est que je peux processer beaucoup d'émotions internes en les laissant trainer sur la place publique. Et le mieux là dedans, c'est que plus je le fait, plus je me rends compte que beaucoup de femmes vivent carrément les même choses que moi et que de façon surprenante, d'en parler plutôt que de les ruminer toute seule, bien, ça nous fait du bien à toi comme à moi.

Récemment, j'ai eu à confronter une gamme d'émotions à laquelle je n'avais pas fait face depuis longtemps. Ces derniers temps, je me suis retrouvée à m'inquiéter beaucoup de décevoir les gens, autant ceux proches de moi, que ceux moins proche.

Et cette onde de choc, je suis assurée que je ne suis pas la seule à la vivre. Je pense que surtout quand il est question d'entraînement, d'emploi, de famille, d'amis ou de relations, il est particulièrement facile de sentir qu'on déçoit quelqu'un ou plusieurs personnes. Qu'on ne réponde pas aux attentes, qu'on floppe quoi!

J'ai l'impression qu'on a beaucoup de pression sur les épaules de nos jours, et peut-être que c'est nous qu'il faut blâmer cette fois et pas la société, les médias sociaux ou bien la publicité. Peut-être que c'est nous qui ne nous connaissons pas assez bien; peut-être que c'est nous qui ne sommes pas conscientes de nos forces, de nos faiblesses et surtout peut-être ne sommes nous pas au courant de nos vraies attentes et désirs à nous.  

Alors dit comme ça, c'est soudainement plus rassurant, non? 

C'est que, j'ai déjà rencontré dans ma vie des gens de différents backgrounds, des plus pauvres, des plus riches, des plus éduqués, des gens qui roulaient de petits boulots, des gens en amour, des gens seuls, bref, des gens qui n'auraient pas grand chose en commun. Ce que tout le monde semble avoir en commun, par contre, c'est que quasi tout le monde semble ressentir une certaine pression d'être parfaite, de plaire ou bien de remplir mille-et-unes attentes. Et même si ces attentes sont différentes d'une personne à l'autre, souvent, nos attentes à NOUS sont comprimées parce qu'on pense que les autres attendent de nous.

J'espère que je ne t'ai pas perdu...bref! J'imagine que ce que je veux dire globalement, c'est que peut-être qu'on se créer cette peur de décevoir juste parce qu'on a peur de réussir. Peut-être qu'on s'est trop répété qu'on ne méritais pas de réussir et que par conséquent on devait se punir avec une bonne dose de stress chronique? Et je sais que c'est un réflexe que j'ai, parce que c'est quelque chose qui est extrêmement difficile et inconfortable à changer. 

Je te donne un exemple d'un truc vraiment banal qui m'est arrivé tout juste cette semaine, mais qui m'a fait réaliser que j'aimais me ranger derrière cette "peur de décevoir" pour camoufler ma peur de réussir. Parce que, bah, c'est idiot de dire à quelqu'un qu'on est effrayé de devoir travailler assez fort pour réussir; dire qu'on a peur de l'échec c'est juste socialement plus accepté! 

Donc cette semaine, après mon entraînement quotidien d'une heure, mon homme m'a proposé d'aller courir un 4 km dans les bois sauvage entre deux orages. Pour être honnête, quand il est question de courir une distance moyennement longue, je ne suis généralement pas de la partie parce que je n'ai pas confiance en mes capacités. Mentalement, je trouve les longues distances tellement ennuyantes que me connaissant, je sais que j'aurais tendance à jeter l'éponge en plein coeur de 6 km. Un sprint de 400 mètre et une promenade de 4 km, ce n'est PAS la même chose, non. 

Donc moi, qui me joue dans ma tête les événements à venir : bois sauvages, pluie, course, cardio...! J'ai faillit dire : "Non, je n'ai jamais fait un 4km en forêt, je ne sais pas si j'en suis capable honnêtement." Et ça aurait été facile de me dire, pour me réconforter, par la suite que j'avais peur de le décevoir en ayant prononcer ces paroles-là. Mais au fond, la plupart des gens se fichent vraiment pas mal de ce que tu accomplis ou pas. Sérieusement!  La plupart des gens n'ont pas d'attentes envers toi parce que ça leur importe peu ce que tu décides de faire; les gens on déjà leur vie, leur actions et leur paroles à gérer. Ils ne vont pas gérer les tiennes en plus. C'est à cet instant que je me suis rendue compte que j'utilisais "la déception" comme béquille pour me permettre de me retirer des choses qui me rendaient inconfortable, et je pense, qu'au moins une situation sur deux où on sent qu'on pourrait potentiellement décevoir quelqu'un, on a plutôt peur de ce qu'on va penser de nous même. 

Ça fait que j'ai été courir. Et ça été agréable, aisé et surtout, ça m'a confirmé que j'avais vraiment accordé trop d'importance à une situation très banale. Out le stress, ne t'inquiète pas, tu ne décevras pas personne, même pas toi si tu sais exactement où tu t'en vas. 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».