J'ai testé...Une compétition de CrossFit ! - Mon expérience détaillée

17 Septembre 2017 | Anne-Marie Gobeil

Je pense définitivement que quand tu arrêtes d'essayer de nouvelles choses, bah, tu cesses d'évoluer et tu t'éteins à petits feu.  Sans vouloir paraître dramaturge, je trouve que c'est complètement barjo de croire qu'on est trop jeune, trop vieille, trop peu expérimentée ou pas assez qualifiée pour tenter de nouvelles expériences, et ce, à tous les niveaux.  

La formule pour se sentir en vie? Essayer des choses qui nous font mi-peur et qui nous font sentir mi-excitée.

Ceci étant dit, j'ai testé une compétition de Crossfit pas plus loin qu'hier. D'ailleurs, c'est dur de l'oublier, l'entièreté de mes muscles étant courbaturée et une bonne surface de mon corps étant recouverte d'ecchymoses et d'entailles laissées par les barres d'haltérophilie.  

Il y quelques mois que j'ai découvert le CrossFit, du moins, que j'ai décidé de m'y consacrer relativement sérieusement. Mon passage à ce style d'entraînement ne s'est pas déroulé sans embûches. 
Je me pensais tellement fine la première fois que j'ai mis les pieds dans le Box (c'est comme ça que s'appellent couramment les centres spécialisés en Crossfit). Moi, qui débarquais fraîchement du gym, cinq années d'entraînement en musculation intensive sous la cravate et qui se croyais au sommet de sa forme physique. Moi, le CrossFit, ça ne me faisait pas peur. 

Bah, j'avais (tellement) tort. Mon premier WOD, il était carrément horrible. Je suis repartis dégoulinante de transpirations, les jambes encore tremblantes et affublée de la pire des nausées qui soit. Je n'étais pas (encore) de taille. CrossFit : 1, Anne-Ma : 0. 

Une fois la leçon d'humilité passée, je me suis promise de travailler fort pour maîtriser au mieux de ma capacité la panoplie de mouvements complexes que comprend la discipline du CrossFit. De l'haltérophilie, en passant par la course, la gymnastique, l'endurance cardiovasculaire, les montées de corde et même la nage, pendant 6 mois, tout ce que j'ai fais, c'est essayer, essayer et essayer de nouvelles choses.  C'était captivant parce que j'avais l'occasion d'être une débutante à nouveau. Et ça, être une débutante, c'est carrément génial parce que la seule chose qui peut t'arriver c'est de t'améliorer. Plus tu travailles, plus tu étudies, plus tu t'améliores. 

Surtout, c'est que pour la première fois depuis longtemps, je sens que j'aime m'entraîner. Et ça, bah c'est super important! 

6 petits mois plus tard, alors que je me fais dorer au soleil sur une plage de la Grèce, je me fais surprendre par Sarah, une membre du box, qui m'envoie un message pour me demander de remplacer sa partenaire dans le cadre d'une compétition CrossFit deux semaines plus tard. 

Moi, un peu bêtement et toute honorée : "Euh...OUI. La réponse est OUI!" 

Il faut dire que j'ai réagis un peu sans réfléchir à ce dans quoi je m'embarquais, parce que j'étais super flattée d'être assez "hot" pour être une partenaire de compétition potentielle.

"Super! On va avoir du fun!", qu'elle me répond Sarah.

Puis, la PANIQUE totale. Mes pensées se mettent à virevolter et l'immanquable peur de ne pas réussir vient me paralyser soudainement. Je suis certaine que tu sais de quel type de peur je parle, parce qu'elle se pointe à CHAQUE fois qu'on tente quelque chose de nouveau. 
Je me mets à bombarder mon copain - qui est aussi un fantastique coach de CrossFit mesdames, messieurs! - de questions et à lui déverser toutes mes incertitudes dessus. 

"J'ai pas envie d'être un boulet!"
"Bien là, je ne suis pas assez expérimentée !" 
"Il y a des mouvements que je ne maîtrise VRAIMENT pas!" 
"Je capote, je vais me ridiculiser!" 
"Je vais me blesser en voulant aller trop vite!"
"Je vais vomir de stress sur la plateforme de compétition!"

Et blah, blah, blah...Je perds complètement la boule et je me mets illico à inventer des excuses potentielles pour me désister de la compétition. Mais je ne peux pas faire faux-bond à Sarah, tout de même. Ce serait tellement loser de ma part; et il vaut certainement mieux être ridicule à mourir que d'être une lâcheuse.

La semaine menant à la compétition est pénible. On pourrait pas en finir  au plus vite, s'il vous plaît? 

Ce qui se passe vraiment...

Voilà on y est ; c'est le jour J. 

L'essentiel à savoir d'une compétition de CrossFit, c'est que tout premièrement, les femmes compétitionnent ensemble et les hommes se mesurent contre les hommes. Il y aura entre 5 et 6 épreuves durant la journée de durées variables. La plupart du temps, les épreuves ne sont pas connues et peuvent tester la force comme l'endurance ou bien la gymnastique! 
Il existe deux catégories de compétiteurs : Scale et RX. 

  • La catégorie RX est une catégorie plus "forte" dans le sens où les poids sont standards et plus lourds et où les mouvements sont plus complexes. 
  • La catégorie Scale est une version modifiée de la catégorie RX où les poids sont moins lourds que les poids standard prescrits et où les mouvements sont moins avancés. PSST : Pour l'info, ça ne veut pas dire que les entraînements sont "allégés" ; les gens inscrits en Scale souffrent beaucoup eux aussi ! 

Pour ma part et Sarah, nous étions inscrites en RX. Et je dois avouer que si à prime à bord j'étais intimidée par nos compétitrices, j'ai rapidement changé ma façon de voir les choses.

Le premier Workout que nous devions compléter était une épreuve de force incluant un Snatch. Traduction du jargon du CrossFit, le Snatch consiste en faire décoller la barre du sol, pour la faire passer au dessus de sa tête et de l'attraper en position squat. Tu auras deviner que c'est immensément technique comme mouvement et que c'est le genre de chose qui peut passer ou...casser! 

Bref, dans mon cas, la plupart du temps, ça passe. Mais pas ce matin-là. J'étais atrocement nerveuse, mes jambes étaient effroyablement tremblantes et mes essais au Snatch étaient pour le moins maladroits. Mon copain qui se tenait devant moi parmi les spectateurs esquiva, malgré lui, quelques pincements et mi-grimaces qui traduisait l'état de ma performance. 
Alors que j'avais facilement enchaîné les répétitions à 120 lbs dans la zone d'échauffement, j'arrivais à peine à en réussir une sur la plateforme de compétition. 

Cependant, drôlement, ça aussi été mon épreuve favorite. Comme je le mentionnais plus haut, l'intimidation que je ressentais pour les filles autour de moi s'est rapidement transformé en admiration. Il n'y a RIEN de plus inspirant que de voir des femmes faire virevolter des charges hyper lourdes au dessus de leur tête et d'êtres assez fortes et solides pour les attraper gracieusement au vol. Le spectacle était incroyable et s'en était assez pour me faire oublier mes difficultés à moi : ce qui était vraiment important, c'était que chaque femme présente sur les lieux se sentent aussi inspirée que moi de voir des femmes être la définition d'une "FORTE". Parce qu'on a besoin de plus de modèles comme ça, sur Terre en 2017. 

"Les crevettes" 

Les crevettes, ça c'était notre nom d'équipe. Fallait le dire avec beaucoup d'assurance pour être crédibles. Ne t'inquiète pas, il y avait des noms d'équipe beaucoup plus ridicule que le nôtre.


Prochaine épreuve : Les montées de corde combinée à de la course. G-É-N-I-A-L ! Là on parle ! J'adore les montées de corde et il faut dire que du haut de mes 5 pieds 8 pouces, la montée est plus rapide. Quand tu cours, pour être bonne, j'essaie de sourire. Je sais, c'est dingue, mais ça MARCHE ! Quand je souris, je déteste la course au moins deux fois moins ; vive les réactions chimiques dans le cerveau humain...

Ça c'était amusant ! Un vrai sprint; 8 minutes et 45 secondes plus tard, moi et Sarah sommes écrasées au sol, complètement vidées, mais heureuse de notre performance et de notre score. Si tu as déjà connu l'incroyable "feeling post-entraînement" de plénitude et de zénitude, c'est exactement ÇA qu'on ressentait après cette épreuve. 
 

 

Parce qu'on a eu un bon classement à cette épreuve, je me suis soudainement mise à moins me sentir comme une imposture et à me dire que, bah oui, j'avais ce qu'il fallait pour être ici ! 

Le cumul des épreuves suivantes au courant de la journée nous permis de nous classer dans le Top 10 des équipes participantes et d'accéder à la finale en fin de journée. La fatigue était à son summum, mais j'étais tout de même fière de pouvoir me hisser dans cette vague.

Sarah et moi, à ce stade-là, étions en 7ème position sur 21 équipes et savions qu'un podium était hors d'atteinte. Notre stratégie : avoir du plaisir en finale. Après tout, j'étais ici pour expérimenter et me tremper le petit orteil dans le monde des compétitions de CrossFit ! 

Ainsi nous attaquâmes le MONSTRE qu'était l'épreuve de la finale, impliquant des palliers de Overhead Squats, Muscle Ups, Handstand Push Ups, Wall Balls, Box Jumps et rameur. Bref,  tu n'as peut-être pas la moindre idée de ce que ces exercices sont, mais je te confirme que c'était un cocktail assez foudroyant...mais plaisant ! Parce qu'au bout du compte,  la fin de ta journée en compétition, tu finis par AIMER le feeling associé à la souffrance - ou du moins, tu l'acceptes.

Mission accomplie : l'épreuve était vraiment LE FUN...jusqu'à ce qu'on se fasse éliminer du lot au troisième pallier, faute de temps.  Bah, c'était pas mal, on aurait pu être les premières équipes à se faire sortir du plancher de compétition !


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».