Non, je ne veux pas devenir plus petite

10 Janvier 2018 | Anne-Marie Gobeil

J'ai toujours été athlétique, musclée...et forte. Carrément forte. 

Et je pense qu'en grandissant dans un monde où être forte et athlétique n'est pas nécessairement encore autant valorisé que d'être mignonne, charmante, ou conventionnellement sexy ça peut être difficile d'apprécier le cadeau qui nous permet de courir aussi vite, sauter aussi haut et pédaler aussi fort que les garçons à la petite école. Ça peut être difficile de comprendre que des cuisses musclées, des bras découpés et un corps qui n'a pas l'air (et qui n'est pas!) fragile n'est en rien un désavantage.

J'aimerais pouvoir dire que les athlètes féminines sont de nos jours autant acclamées pour leur performances que leur compatriotes masculins, mais ce n'est juste pas vrai. Tranquillement, par contre, les choses prennent un tournant positif. Ce sera notre devoir à nous, les mamans et papas de demain, d'apprendre à nos enfants que la force au féminin, c'est génial aussi. 

J'essaie vraiment de transmettre un message en lequel je crois via mes réseaux sociaux parce que j'ai passé par toutes les extrêmes moi-même. Je sais de quoi je parle quand je dis que de chercher à me rétrécir, à perdre du poids, à devenir une version plus délicate de moi-même me rend excessivement malheureuse, déprimée et triste.  J'aimerais vraiment ça qu'on puisse parler d'autre chose que d'abdominaux ciselés, des gras de hanche, et de cellulite, parce qu'honnêtement,  ça n'a pas si d'importance que ça. Tu crois peut-être que c'est d'être découpée qui va te rendre heureuse, mais c'est tellement à côté de la plaque. Et, c'est plate, mais on ne peut pas véritablement le comprendre avant de le vivre. Avant d'arriver à ce qu'on croit être notre corps idéal pour se rendre compte qu'on ne se sent pas aussi fière et confiante qu'on croyait le devenir une fois à  la ligne d'arrivée, on ne saisi pas réellement que l'apparence qu'on n'a ne change pas la personne qu'on est. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas avoir des objectifs esthétiques ou apprécier les changements qui se produisent dans le tonus de nos muscles. Ça veut juste dire que ce n'est pas ce qui compte.

Cependant, tenter de devenir plus endurante et athlétique, développer de nouvelles aptitudes et fracasser de nouveaux records personnels de force comme faire un Chin Up ou bien squatter le double de mon poids, ça, ça m'a procuré de la confiance et de la fierté. Et tu dois le traverser pour le comprendre. Donne une chance à ce que tu peux faire de bien plutôt que de toujours vouloir te punir.

Tristement, on nous a enseigné à ne jamais être 100% satisfaite de notre corps et à une ère où les médias sociaux sont omniprésents, c'est excessivement ardu de ne pas se comparer. Mais, je pense qu'on peut tenter de faire mieux.

Si tu veux t'entraîner UNIQUEMENT pour atteindre un certain look, fais-le, mais je peux te garantir que ce n'est pas suffisant pour te garder motivée. Miser à devenir une version plus petite de toi-même ne créer pas de liens positifs entre toi et ton entraînement.

Et peut-être que tu trouves redondant que je parle souvent de femmes belles, fortes, confiantes et fières, mais moi, je trouve qu'au contraire, on n'en parle pas assez! C'est un sujet qui nous touche TOUTES, parce que tu n'a pas BESOIN d'être forte comme une powerlifteuse pour comprendre ce que ça fait en dedans de savoir que TU es forte. 

Il y a souvent des femmes qui m'ont confié qu'elles admirait ma force et ma capacité à juste balancer des poids au dessus de ma tête, à faire facilement des pull-ups, à réussir un muscle-up, à squatter vraiment très très lourd.

Et, je dois avoué que je n'ai pas toujours compris l'ampleur de ce compliment-là, de ce que ça voulait dire. Dans mes débuts, je me disais "Bon et quoi, je suis un monstre de foire?". Je me disais qu'on devait se moquer de moi, que quelque chose "clochait" avec mon corps.

Inconsciemment, pendant longtemps, je pense avoir tenté de me diminuer. Si j'étais plus forte, rapide, athlétique, performante, confiante que les autres filles, j'avais peur de trop sortir du lot ou pire, de rendre les gens inconfortables. Tout ça, juste parce que, être forte ça n'avait jamais été applaudi. 

Il est plus que temps qu'on comprenne que d'être mince avec un ventre très plat ça n'est pas plus féminin que d'être athlétique avec de gros bras. Il est grand temps qu'on se rende compte que si on pourchasse un look, on passe à côté de tout ce qu'il y a de magique avec le fait de prendre plaisir à s'entraîner, à devenir plus endurante, à se sentir plus forte.  Il faut absolument s'ouvrir les yeux pour réaliser que si on le fait pour plaire, on ne se plaira jamais à la seule personne qui devrait nous aimer inconditionnellement : nous. 

Quand tu deviens forte physiquement, tu deviens la Superwoman pour laquelle tu es née.


Tu n'es pas une décoration ou une parure; tu as du potentiel. Tu as un corps, c'est ta machine pour te transporter dans les épreuves de l'entraînement, comme un effort maximal au Deadlift et dans les efforts du quotidien,comme ta capacité à bouger des boîtes lourdes lors du déménagement d'une amie. Des muscles puissants et un coeur endurant pour accomplir l'incroyable en entraînement et aussi pour être une maman en forme pour jouer avec ses enfants. Une éthique de travail et une confiance en tes capacité pour accumuler les répétitions et continuer de pousser malgré la douleur durant un entraînement intense, les mêmes atouts qu'il faut pour être une élève qui se démarque ou une employée (ou employeur!) qui a du cran. 

Et il n'y a RIEN qui peut te donner confiance en toi, même pas un ventre plat, comme de savoir que tu es FORTE. De savoir, en regardant une barbell lourde au sol, que tu PEUX le faire. Que tu PEUX défier les stéréotypes et arrêter d'être "ordinaire" et commencer à être "extraordinaire".

Tu vois, tout est inter-relié, et c'est encore plus vrai quand on est une femme. Nous sommes complexes et nous sommes aussi tellement plus capables que ce qu'on nous a dit. La force, c'est vraiment génial; la force au féminin, c'est carrément extra.

 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


Tu aimeras aussi