Manger de la viande après avoir été végétarienne : pourquoi j'ai décidé de le faire

25 Novembre 2018 | Anne-Marie Gobeil

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La nutrition, c’est loin d’être tout noir ou tout blanc. La vérité, c’est qu’il n’y a pas UNE formule ou une façon de faire qui fonctionne pour chacun et qu’il n’existe pas un groupe d’aliments ou encore un style alimentaire qui soit nocif à tous les être humains. Parce que chaque individu est immensément différent au niveau de son métabolisme, de sa génétique et de sa digestion, c’est impossible de savoir quelle est l’ultime meilleure façon de manger. Je répète : impossible.

On dirait que lorsqu’on décide de prendre un virage santé, de faire quelques changements au niveau de nos habitudes alimentaires, on se fait automatiquement apposer une étiquette sur le front : « Mais QUELLE diète suis-tu? », se fait-on demander.
Dépendemment de nos préférences, c’est comme si à peine notre liste d’épicerie santé rédigée, on devait choisir notre camp : végane, paléo, kéto, végétarienne, pescavore, zone, biologique…la liste est longue! Je trouve ça vraiment stressant, et surtout 100% inutile, de devoir s’affilier à une catégorie comme ça. D’autant plus qu’il n’existe pas vraiment de définition des termes« alimentation santé » sur lequel on peut toutes s’entendre.

Si tu demandes à une végétalienne ce que manger santé signifie pour elle, elle te rétorquera sans doute qu’il s’agit de ne pas manger de produits animaux. Si cependant tu t’adresses à une femme qui souhaite perdre beaucoup de poids, elle pourra probablement te répondre quelques choses dans les lignes de « manger santé, c’est éviter les gras saturé et le sucre et compter ses calories. » La façon dont on voit la santé varie d’une personne à l’autre ; manger santé peut donc prendre plusieurs définitions et vivre dans plusieurs zones grises. Tu ne devrais pas avoir l’impression que tu dois entrer dans un moule pour être fière du contenu de ton assiette.

Croire que les glucides sont mauvais pour tous est faux. Croire qu’on serait en meilleure santé si on mangeait davantage de fruits est aussi faux. Penser que les corps de tous les humains fonctionnent bien sans viande est faux.

Mais attend Anne-Marie, toi, tu n’étais pas végétarienne? Si. Du moins, c’était avant que je tombe enceinte.

Le corps humain me fasçine. Je ne crois pas que je vais un jour cesser de m’émerveiller devant sa capacité à se moduler à son envrironnement et à s’adapter aux changements qui parsèment notre vie. Ce qui est d’autant plus fasçinant, c’est que lorsqu’on développe son abilité à tendre l’oreille et être à l’écoute de ce qu’il nous envoie comme information, notre santé et notre bien-être en bénéficient grandement. Et aujourd’hui, alors que j’entame mon sixième mois de grossesse, je me considère excessivement chanceuse d’avoir entraîné cette habilité à penser MOINS avec ma tête et écouter PLUS avec mon corps au courant des dernières années.

Je n’ai pas daigné toucher à de la viande durant 2 ans. Au fait, j’ai même été végétalienne durant plusieurs mois durant cette période, évitant tout produit animal. Je l’ai fait, tout simplement parce qu’après avoir lutté contre mon corps durant des années et m’être enrôlée dans carrément TOUTES les diètes, j’ai frappé un mur. Petite mise en contexte : ma santé était mal en point et j’étais criblée d’intolérances alimentaires. Manger végé m’a aidé, énormément, à ré-apprendre à m’alimenter pour me sentir bien et non pas simplement pour « perdre du gras » ou « rocker des abdominaux ciselés à l’année ». Manger végé fonctionnait bien pour moi, dans le sens où je ne me sentais jamais affamée et jamais blasée. Après mon virage végé, ma peau s’est éclaircit, ma tête aussi, mon énergie a augmenté et ma digestion s’est améliorée. Est-ce que ça à voir avec le fait que je cuisinais des sautés au tofu plutôt que des stir-fry au boeuf pour souper ou bien était-ce seulement qu’en coupant les ponts avec les attentes irréalistes que j’avais envers mon corps et les diètes, celui-ci s’est fait donné la chance de panser ses blessures ? Who knows, mais manger végé, ça m’allait comme un gant !

Puis, je suis tombée enceinte. Premier trimestre rime avec malaises digestifs, nausées, vomissements et aversions pour la majorité d’entre nous. Semaine 7, fatalité : les protéines végétariennes qui garnissaient jadis toutes mes assiettes me répugnent. Hors de ma vue tofu, légumineuses, oeufs et oh, ne parlons même pas du Tempeh! Le poisson devient la seule source de protéine que je suis capable d’ingérer. Je consomme moins de protéines, et ouf que mon énergie s’en ressens. Deuxième trimestre : je vois la lumière au bout du tunnel alors que les nausées disparaissent comme neige au soleil. Je peux à nouveau garnir mes assiettes d’à peu près n’importe quoi. Mais là, j’ai physiquement faim. F-A-I-M. J’essaie de manger davantage, d’augmenter mes portions, mais je n’ai jamais l’impression d’être rassasiées après mes fameuses salades de légumineuses et mes superbes sautés au tofu. Puis quelque chose d’étrange se produit : j’ai envie de viande. Du poulet, plus précisément. Ce n’est pas une fringale ; j’ai juste l’impression de DEVOIR me cuisiner une poitrine de poulet autant que j’ai besoin de boire 3 L d’eau par jour. C’est drôle, parce que ce feeling-là, je le connaissais déjà ; c’était la même impulsion qui m’a poussé à cesser de consommer de la viande, il y a deux ans.

Et c’est là que je réalise à quel point le corps est une machine merveilleuse : si tu tends l’oreille, encore une fois, ton corps peut te dire exactement de ce dont il a BESOIN. Là et maintenant, alors qu’il est occupé à bâtir les organes, les muscles et les tissus d’un petit humain, il me signalait qu’il pourrait utiliser davantage de calories et d’acides aminés. Et selon moi, si tu es capable de décrypter ces messages-là, fille, tu es assurée d’être en bonne santé, toute ta vie durant.

Avant de continuer, je veux simplement que tu saches que je ne suis pas contre le fait de consommer de la viande. Je crois par contre qu’il faut choisir ce qu’on met dans son corps de façon diligente : miser sur des produits locaux, sans hormones et biologiques. Aussi, je suis de celles qui coupé les ponts avec les extrêmes : sur-consommer de la viande ne sera jamais mon truc. Durant les prochains mois de ma grossesse, j’ai l’intention de ré-intégrer la volaille, pour commencer, à petites doses. Je reste toujours ouverte d’esprit et je prends toujours le temps d’analyser les effets et impacts d’un nouveau petit changements sur mon corps avant d’aller de l’avant.

Je voulais aussi te partager les raisons qui ont motivé mon choix :

 

1. Apport énergétique plus dense :


Je te parlais de ma faim visérale : eh bien, la viande et les produits animaux, à cause de leur teneur naturellement plus élevée en gras et en protéines sont aussi plus denses en calories. Et ça, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Être enceinte nécessite beaucoup d’énergie de la part de ton corps. Je sais que les écoles de pensée sont assez controversées à ce sujet et que plusieurs organismes suggèrent que tu n’as pas « besoin » d’augmenter tes calories de façon importante, mais à mon humble avis, c’est une recommandation très générale. Ce n’est pas toutes les femmes qui ont les mêmes rythmes métaboliques ou les mêmes habitudes de vie. Pour une femme active (qui reste active durant sa grossesse), l’apport énergétique requis non seulement à la grossesse, mais aussi à la récupération sera nécessairement plus important. Certaines femmes, qui ont une masse musculaire plus dense ou un taux de gras initialement plus bas pourraient aussi faire l’expérience d’une faim plus grande.

Tout est subjectif : ce n’est pas tant une question de calories, mais bien de qualité des aliments que tu mets dans ton assiette. 400 à 500 calories de plus par jour issues d’aliments sains n’auront pas un impact négatif au même titre que si tu te servais deux portions de crème glacée par jour!

Pour combler mes besoins énergétiques grandissants que je n,arrive pour le moment pas à combler avec des sources de protéines uniquement végétales, j’ai envie de ré-incorporer des produits animaux dans mon menu. Je préfère de loin écouter mon corps que de m’accrocher à une étiquette!


2. Apport en protéine/profil acides aminés

Un apport en protéines adéquat est vital durant la grossesse ; c’est prouvé! Les acides aminés contenus dans les sources de protéines sont vitaux pour nos organes, nos muscles, nos tendons et tissus ; imagine l’importance qu’ils ont pour nos minis qui grandissent en nous! Le profil d’acides aminés de la viande est complet. Il contient tous les 9 acides aminés ESSENTIELS que notre corps ne peut pas fabriquer lui-même soit : la lysine, la thréonine, la méthionine, la leucine, l’isoleucine, la valine, le tryptophane, la phénylalanine et l’histidine.

Les protéines végétales peuvent fournir différentes combinaisons d’acides essentiels aussi, mais jamais les 9 à la fois ou en quantités suffisantes pour chaque acide aminé essentiel. Consommer suffisement de protéines de qualité ainsi que de bâtir du muscle/de la force est entièrement possible si on ne mange pas de viande, mais c’est un peu plus ardu : il faut simplement s’assurer d’accorder une importance particulière et attentive au contenu de notre assiette.

 

3. Diversification de mon alimentation

Diversifier mon alimentation est important pour moi à ce stade-ci de ma vie. Les études tendent à prouver que diversifier son alimentation durant la grossesse réduit le risque d’anémie de grossesse, de naissance prématurée et de faible poids à la naissance. Ultimement, tout ce que je mange affecte mon bébé à naître et si je peux quotidiennement avoir un impact positif sur sa santé.

J’aime vraiment te tenir au courant de ce qui se passe dans mon assiette, surtout parce qu’en jasant avec plusieurs femmes en ligne, je me suis rendue compte qu’on vit toutes, à différent degrés, une certaine « évolution » dans nos habitudes alimentaires. Vivre ça ensemble, en parler sans filte, sans jugement et faire le point, c’est important je pense. Il y a une raison pour laquelle aucune (AUCUNE) de nos clientes Barbelle ne suit de diète : c’est parce que je crois TELLEMENT DUR en ta capacité à développer TON instinct alimentaire et à prendre les bonnes décisions pour TON corps.

As-tu déjà fait l’expérience d’un « message » clair de ton corps vis-à-vis ta nutrition comme moi je l’ai vécu ? J’ai envie d’entendre ton histoire à toi !


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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