J'avais l'habitude de mépriser les mamans à la maison

16 Décembre 2018 | Anne-Marie Gobeil

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J’ai une confession un peu honteuse à faire : j’avais l’habitude de mépriser les mamans à la maison.

J’ai toujours pensé que les femmes qui choisissaient de renoncer au marché du travail, leur carrière, à leurs talents et à aux opportunités qui se présentaient à elles pour rester à la maison et prendre soin de leurs enfants gaspillaient leurs vie et crachaient sur les opportunités qui se présentaient à elles. Je ne comprenais pas DU TOUT comment on pouvais être satisfaite de vivre comme ça. Pire, la féministe en moi en voulait même un peu à ces femmes-là de renforcer l’idéologie ancestrale et démodée selon laquelle la place des femmes est au foyer.

J’ai toujours été le genre de fille qui était excessivement fière de son indépendance financière, de son caractère entreprenarial, de sa capacité à ne pas avoir besoin d’un homme pour prendre soin d’elle et, grosso modo, de vivre sa vie en défiant tous les stéréotypes qui nous colle encore à la peau en tant que femme, le tout en chantant à tue-tête « Who Run The World » par ‘Yoncé.

Et même si aujourd’hui, je suis toujours aussi fière d’être ce type de femme entrepreneure-indépendante-qui-run-everything (et qui est à la tête d'une compagnie girl-power à l'os, pour couronner le tout!) j'avoue que depuis que je suis enceinte, ma mentalité vis-à-vis la décision de rester à la maison que certaines femmes prennent a changé. Alors que j’acoste au troisième et final trimestre de ma grossesse, je réalise que j’ai découvert une fascette de ma personne que je ne connaissais pas du tout avant dans les derniers mois. Ma façon d’être une femme mue et la vision que j’ai de la femme s’élargit.

Tu sais, je pensais qu’être une femme moderne, c’était d’être une femme qui fonçait, qui entreprenait et qui se détachait du rôle traditionnel. Mais la réalité, c’est que c’est tellement plus complexe et vaste que ça être une femme moderne! Être femme, ce n’est pas vraiment ton emploi, comment tu t’habilles, la voiture que tu conduis ou tes croyances politiques.

Être femme, c’est porter non pas un, mais huit chapeau différents malgré toi. Être une femme, c’est être une maman, une professionnelle, une amie, une amoureuse, une artiste et d’orchestrer son chemin dans la vie au travers tous ces rôles-là. Être une femme, ça demande une tonne de polyvalence, de flexibilité, et ça exige aussi parfois qu’on soit incohérentes. Parce qu’on va se le dire, à force de jongler avec 8 balles à la fois, on risque de s’en échapper une ou deux en plein dans le front de temps en temps.

J’ai compris, depuis que je suis enceinte, que même si j’étais vraiment attirée par l’idée selon laquelle je veux une carrière florissante et enrichissante pour décorer mes journées et payer les factures, je ne suis pas moins jalouse de la femme qui a la liberté de choisir de passer ses journées avec ses minis et qui le fait sans pression financière ou émotionnelle. Parce que ça doit vraiment être dur de devoir quitter ses minis pour aller bosser. Presqu’aussi dur que de devoir dire non à son job de rêve pour prendre soin de la marmaille. Je me suis rendue compte que ça existe les zones grises, et que c’est facile de rester prise dedans. Tu vois, je pense vraiment qu’on PEUX avoir envie de tout en même temps. On est juste humaines et ce n’est que naturel de vouloir le meilleur des deux mondes pour soi, et pour sa famille. Ce n’est pas un crime de ne pas avoir la réponse toute construite à ton dilemme d’emploi du temps, d’orientation professionnelle ou de situation familiale. Ce n’est pas une parjure d’avancer à tâtons, parce que tu as l’impression d’être dans le noir. Ce n’est pas indigne de ne pas tout savoir, tu sais.

J’ai donc compris qu’il n’y avait pas vraiment de choix « facile » ou « évident ». Que tout était nuancé et que toutes les femmes étaient fortes pour différentes raisons.

Le #MomShaming c’est vraiment un puéril phénomène, et je commence à peine à me tremper le gros orteil dans cette marre de critiques incessantes lancées par la police de la maternité (parce que TOUT LE MONDE a une opinion sur les bébés et/ou la façon dont les mères de ces enfants-là devraient se comporter) que j’en suis déjà carrément écoeurée. C’est facile quand on se tient à l’extérieur de porter un jugement sur la façon dont une femme choisit de jongler avec ses différents rôles. De décider si les femmes de carrières sont plus fortes ou méritantes que les femmes qui renoncent à la leur pour rester auprès de leur enfants. C’est facile de critiquer et de condamner x, y, z style de vie d’une autre, parfois juste pour solidifier sa confiance en ses propres choix personnels. Mais la vérité, c’est que dans les petites différences qui nous séparent, nous sommes toutes pareilles, les filles.

Nous sommes toutes carrément fortes, résilientes et capable d’en encaisser. Nous sommes toutes brillantes et apte à avoir un impact positif sur le monde, même en le faisant à différents degrés et de différentes façons.

Sérieusement, girls, on est pas en position de ne pas se serrer les coudes. En 2018, en tant que femmes, on ne peut juste pas se permettre de se lancer des pierres entre nous plutôt que de se supporter pour être plus fortes et confiantes dans nos choix, collectivement. Pour vrai, maintenant, je m’en fiche éperduement de ce que tu fais de tes journées et je ne crois pas qu’un statut te définisse en tant que femme. Que tu sois un véritable girlboss à la tête de sa business, une mère de famille qui est aussi responsable de ramener le gagne-pain de la famille ou celle qui a mis de côtés ses projets pour faire de la place à sa vie familiale, je vois TA bataille. I see you. Et tu devrais continuer de lutter pour toutes les choses qui sont importantes pour toi.

 

 

 

 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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