Lettre ouverte aux monstres anxieux qui vivent en moi - Vivre avec l'anxiété

13 Février 2018 | Anne-Marie Gobeil

Chers petits montres anxieux,

Oui, je parle de vous qui surgissez de je-ne-sais-donc-où quand ça vous chante. Oui, vous qui me paralysez, me  faites trembler, me donnez la nausée et font battre mon coeur sur une demi mesure. Appelons-vous petits monstres anxieux, parce que je n'ai pas envie que vous fassiez partie de moi. Vous êtes des intrus, des voleurs de bonne humeur, de la visite plate qui tarde à partir.

Je parle de forme physique, de ce que je peux faire avec mon corps, de capacités athlétiques et de force tous les jours, et ce, durant toute la journée, mais je trouve ça important de me montrer plus vulnérable de temps en temps aussi. Même si c'est particulièrement inconfortable de discuter des choses moins inspirantes, ça me sert de thérapie. Si me lis ce soir pour apprendre de moi comment produire des résultats, augmenter tes charges, manger plus de légumes et moins de sucre, le blog d'aujourd'hui n'est pas un match parfait. Ce n'est pas grave, tu me connais : demain est un nouveau jour et une nouvelle opportunité d'écrire un blog tout neuf. 

Je veux juste te laisser savoir que si tu te sens comme moi je me sens, c'est O.K. C'est la preuve que tu es humaine. Être imparfaite, parfois chaotique et émotionnelle, ce n'est pas un trait de personnalité, juste un éclat de réalité. Tu n'es pas un fardeau, tu n'es pas coupable et surtout tu ne devrais pas avoir honte de ne pas avoir tout compris de la vie. 

Je ne me rappelle pas vraiment quand je suis devenue stressée. Je me rappelle être très détendue étant enfant et adolescente. Le calme en mer haute. Mes parents confondaient d'ailleurs ma zénitude avec de la paresse, mais la vérité est que je ne n'enchaînais d'absolument aucune émotions à mes soucis. Je sais juste que je le suis devenue et qu'aujourd'hui, être stressée me ronge. Contre-productif, je sais.  

Et c'est fou en soi, parce que le stress, ça influe sur ton corps en entier. Pour comprendre exactement ce que le stress créer, lis ça. Et le pire, c'est qu'on ne sent pas toujours compte qu'on est anxieuse. Le stress devient un état qu'on accepte ; on apprend à vivre tiraillée avec quelques angoisses liées à l'argent, à la famille, à son couple, à son emploi et on se dit qu'une vie qui est régie par la cortisol est celle qu'on a. 

La vérité, c'est qu'en tant qu'adultes, jeunes ou moins jeunes, on se sent souvent par défaut forcées d'avoir tout sous contrôle. En fait, on a l'impression que si on n'a pas tout sous contrôle, on perd notre crédibilité. Je sais que dans mon cas, je me mets, sans même m'en rendre compte, une énorme pression sur les épaules. C'est ma norme : je performer ou je coule à pic. Pas de zones grises : que du noir et blanc.  

C'est dur pour moi de couper le cordon avec la mentalité que plus c'est mieux que pas assez. Ça m'fais mal de ralentir, de relaxer et de devoir refléter. C'est inconfortable et méconnu ; si je le pouvais, j'aimerais mieux continuer à courir à gauche et à droite comme une poule pas de tête, mais c'est pas comme ça qu'on passe du point A au point B dans la vie.

On utilise les termes "ambitieuse" et "productive" pour décrire les femmes comme nous, qui vivent avec une forme d'anxiété associée aux performances. Tu le sais sûrement déjà parce que ta mère/ton patron/tes collègues ont probablement déjà employé ces termes pour te décrire. Mais ça, ça ne fait qu'ajouter encore plus de pression à nos épaules surchargées de nos propres attentes envers nous-mêmes. Ces mots-là les prend comme un compliment, sur coup, en se disant que ça VOIT qu'on essaie de bien faire, mais rapidement, on les transforme en carburant pour performer mieux et plus. On ne voudrait jamais PERDRE notre statut de femme ambitieuse aux yeux d'autrui, après tout.  

Le pire, c'est que j'ai une relation amour-haine avec mes tendances extrémistes : j'aime pouvoir m'enclencher à 100% de puissance dans mes projets; propulsée comme une fusée vers le succès. Je m'envole et je ne regarde jamais en arrière. Ça t'aide à avancer dans la vie, un caractère comme ça. Mais, bien franchement, je déteste à mort les bas inévitables qui s'en suivent, quand je suis déchargée et déconnectée. Quand je n'ai plus de carburant. 

Vivre avec l'anxiété c'est vraiment déconcertant parfois. Juste en parler, même à ton écran d'ordi comme je le fais, des fois, ça aide. 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


Tu aimeras aussi