Dire que j'avais peur de courir

04 Avril 2018 | Anne-Marie Gobeil

La course m'a toujours intimidée. Parce que, soyons franches, les poumons qui brûlent, les pieds fatigués et les ampoules sur le talon, ça fait mal. J'ai donc toujours associer la course à un sentiment désagréable. 

Je veux dire, j'ai déjà essayé de courir. J'ai essayé d'aller jogger dans mon quartier maintes et maintes fois. À chaque occasion, je ne faisait pas plus de 500 mètres sans m'arrêter pour marcher et reprendre mon souffle. C'était terrible. Mentalement, j'ai toujours trouvé ça difficile de maintenir le cap et de tolérer ce genre de douleur. 

Je n'ai pas le corps "idéal" pour courir, on va se le dire. Plus on est lourde, plus c'est rigoureux de courir. À la base, transporter 160 lbs (c'est pesant du muscle!) sur une longue distance, c'est exigeant. À bien y penser, j'ai peut-être utilisé ce facteur comme une excuse pendant longtemps. Mais, je ne peux pas laisser ma génétique se mettre entre moi et un mouvement aussi humainement naturel que celui initié dans la course.

J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de préjugés concernant la course.

Certains ouïe-dire sont contre et d'autres en faveur cette pratique cardiovasculaire. J'ai fais mes premiers pas dans un milieu très axé sur le body building, soit la science de bâtir du muscle. Courir y était très très mal vu ; on parlait sans cesse du danger de brûler de la précieuse masse musculaire ou carrément d'endommager ses articulations et de dérailler ses hormones Évidemment, courir de manière abusive et extrémiste peut engendrer ces problématiques (si tu t'entêtes à jogger 10 km chaque jour, mets la pédale douce) mais, intégrer de la course à sa routine d'entraînement n'a absolument rien de néfaste! 

L'an dernier j'ai vraiment commencé à diversifier mon entraînement. Au départ, c'était surtout pour me fixer de nouveaux défis et rester motivée vis-à-vis mes workouts. J'étais une addict des gym conventionnels, quand j'ai mis les pieds dans un gym fonctionnel pour la première fois (lire : un gym de CrossFit). Fonctionnel signifie de recréer des mouvements naturels du corps et applicables dans son quotidien. Par exemple : squatter, sauter, pousser, tirer...et courir. Ah ! 

J'ai été forcé de courir ; étant hautement compétitive dans la vie, c'est de voir d'autres gens (certains bien plus âgés que mes 23 printemps à l'époque) me dépasser au 400, 800 et 1200 mètres dans certains entraînements qui m'a fait réalisé que je m'étais pendant longtemps caché derrière mes propres excuses. Courir était intimidant parce que je n'avais aucune envie d'accepter la douleur. Mais, en même temps, si je vouais aller de l'avant, devenir plus athlétique, plus endurante et me sentir en vie, je devais m'engager envers le projet course. 

Le truc avec la course, c'est que tu sais déjà comment courir. Que font les enfants ? Ils marchent ? Non, bien sur que non : ils COURENT ! Tout le temps et partout. C'est leur moyen de locomotion favori sur Terre. Alors, regarde-moi dans les yeux et dis-moi à nouveau que tu ne peux pas courir!

Certes, les blessures existantes peuvent te freiner ou totalement t'empêcher de courir. Cependant, si tu as peur de courir par peur de te blesser, tu devrais changer ta façon de voir les choses ainsi que la façon de t'attaquer à la course. Il faut comparer le coeur et les poumons à un moteur : ton moteur deviendra plus fort plus rapidement que ta charpente (aka tes ligaments et tendons). Beaucoup de femmes se font mal parce qu'elles ne laissent pas le temps à leur corps de s'adapter à leur capacité cardiovasculaire. C'est la cause de plusieurs types de blessures d'usure comme la tendinite du talon d'Achille, la fasciite plantaire, les périostites et les déchirures de muscles. 

Alors qu'il est totalement normal de se sentir courbaturée ou tendue au lendemain d'une session de course, si tu souffres de douleurs chroniques et s'amplifient au fils tu temps, c'est un signe que tu vas trop vite et que ton corps a besoin de plus de récupération.

Commencer à courir davantage 

Ce que j'ai d'abord remarqué quand j'ai commencé à courir, c'est que j'aimais définitivement faire des sprints plutôt que de courir sur de longues distances. Et ça, c'est important de le prendre en considération. Alors que je crois qu'il faut apprendre à outrepasser l'inconfort temporaire associé à l'effort physique, Isi je suis pour commencé à renouer avec la course, je veux aussi m'amuser ! 

C'est aussi vital de progresser à son rythme : si tu veux débuter la course, tu peux utiliser l'approche 30 secondes de marches/30-60 secondes de course pour établir ta "base" et te familiariser avec l'effort. Répète durant 15, 20 ou 30 minutes et engage-toi à essayer d'allonger la durée de tes intervalles de course à chaque semaine.

Ne te laisses pas embourbée dans l'idée qu'il existe une façon "parfaite" de courir ; chaque individu a une physionomie, une mobilité et une enjambée unique. Alors qu'il est important d'adopter une bonne posture (les épaules sont détendues, le dos est droit, la plante du pied vient se déposer sous les hanches) tu n'as pas besoin d'être équilibrée au millimètre près pour commencer à courir. 

Je pense qu'il est plus motivant de commencer à courir davantage si on a :

  • Un objectif précis, par exemple : courir 1 km sans s'arrêter, courir 400 mètre en moins de 2 minutes, courir 5 km pour la première fois.
  • Un entourage pour nous appuyer : dans mon cas, si ce n'était pas des gens qui couraient AVEC moi (lire : souffraient avec moi) durant mes entraînement fonctionnels, je ne pense pas que j'aurais donné sa chance à la course comme je l'ai fait. Se rassembler avec des amies pour courir ou tout simplement fréquenter une piste de course peut avoir un impact réellement positif pour celles qui sont plus sociales ou compétitives.  

Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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