Je m'appelle Kim et voici MA définition du mot "fitness"

19 Juin 2018 | Anne-Marie Gobeil

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Quand on m’a demandé de définir ce que le mot fitness représentait pour moi, j’ai dû prendre un peu de recul afin de bien choisir mes mots. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la route vers ma définition actuelle a été sinueuse, ardue par moment, avec quelques pas en arrière, mais que chacune des étapes venaient avec une leçon importante.  Je crois que pour bien comprendre où j’en suis, il faut savoir d’où je viens. Bon je ne te dirai pas à quel hôpital je suis née et de quoi avait l’air mon enfance, mais je vais plutôt t’expliquer la place que le sport a dans ma vie depuis les 26 dernières années.

Mon premier souvenir remonte à mes cours de gymnastique lorsque j’avais environ 5-6 ans, je m’en rappelle aussi clairement parce qu’honnêtement les spectacles de fin de session me terrorisaient. J’adorais assister à mes cours, apprendre la routine, développer de nouvelles aptitudes, mais la performance finale me donnait envie de prendre mes jambes à mon cou. Le trac ? La peur d’échouer ? Difficile à dire car mon petit cerveau d’enfant avait encore du mal à mettre un mot sur les émotions, mais disons que j’étais capable d’affirmer que je n’étais pas vraiment douée et qu’aux côtés des autres filles, j’aurais l’air un peu nouille. C’est probablement pour cette raison que j’ai mis de côté la gym après quelques sessions seulement …

J’ai par la suite tenté ma chance au soccer (t’sais le genre de sport où tes parents te garochent quand tu ne t’intéresse par à quelque chose en particulier). À l’époque (je parle comme si j’avais 102 ans), les équipes étaient mixtes comme il y avait très peu de filles. Bon, je vous épargne le détail de mes 12 années en carrière, mais le résumé sera bref : je n’ai jamais été une vraie star. Je n’ai pas compté beaucoup de buts, je n’arrivais pas à faire de la jonglerie, je n’étais pas la plus rapide, j’ai même essayé le rôle de gardien de but (on va se le dire 4 pied 11 ça couvre pas grand-chose) mais ce que j’en retiens c’est que je n’ai pas abandonné. Pas cette fois. C’est probablement là que j’ai forgé mon caractère, que j’ai appris à continuer de travailler même quand les résultats ne semblaient pas présents. J’avais un réel plaisir à pratiquer le sport, j’aimais l’esprit d’équipe, j’aimais les tournois, j’aimais les pratiques et même si les victoires ne m’étaient pas nécessairement dûes, j’en ressentais tout de même une certaine fierté.

Quelques temps après avoir accroché mes chaussures à crampons, j’ai débuté l’entraînement en salle. J’ai encore du mal à mettre sur le doigt sur l’élément déclencheur, celui qui m’a donné envie de franchir les portes vitrées du gym de mon quartier, mais je sais que ce n’était pas vraiment pour les bonnes raisons. Je crois que je me cherchais un peu (lire ici : beaucoup) à ce moment et qu’avec l’arrivée des médias sociaux, j’avais envie d’être comme les filles de fitness qui publiaient des photos d’abdos découpés et d’ensemble de gym matchy-matchy. Je l’avoue aujourd’hui, ce n’était pas du tout la bonne façon de faire. C’est justement ce mindset-là qui m’a mené à faire ma première (et seule) compétition de fitness. Les filles que je suivais sur Instagram en faisaient, elles avaient l’air heureuse, fières, fortes et j’avais envie de ressentir ça moi aussi. D’avoir un but et de réussir ! Ça fait que je me suis lancé les yeux fermés dans un objectif qui n’était pas le mien et j’ai croisé les doigts bien bien fort pour remporter la première place. Résultat ? Je ne me suis même pas classée. Pourquoi ? Sur le coup j’aurais sorti toutes les excuses possibles sans prendre le blâme. Avec du recul et surtout avec la maturité que j’ai gagnée dans les dernières années, je peux avouer que je ne donnais pas mon 100% car je n’avais pas vraiment envie de compétitioner. Je n’éprouvais aucun plaisir à avoir faim, à refuser les soupers de famille, à faire 2 heures de cardio et surtout à m’entraîner pour avoir un corps qui plairait à 4 juges plutôt qu’à moi (la personne la plus importante dans tout ça). Après cette compétition, les vrais problèmes sont apparus. Tout d’abord, un beau petit 30 livres de plus sur la balance. Bon jusqu’à là ça se prend pas si mal, mais c’est que ce 30 livres là venait d’une très mauvaise relation avec la nourriture. De nombreux épisodes de binge-eating, de l’abus de malbouffe, de l’ajout de cardio pour ‘’compenser’’, de plusieurs soirées à pleurer seule devant mon bol de céréales car je n’arrivais pas à m’arrêter. J’ai donc pensé que pour régler cette situation, je devais reprendre une préparation en vue d’une prochaine compétition. Je me disais que cette fois-ci j’y arriverais. Heureusement, je suis tombée enceinte en cours de route et cet évènement a changé ma vie pour le mieux sous tous les aspects.

Depuis la naissance de ma fille, j’ai une toute nouvelle vision du mot fitness. Je m’entraîne maintenant par plaisir et non pas par obligation. Je ne me suis pas forcée à m’entraîner pour perdre mon poids de grossesse, mais simplement parce que ça me permettait de décompresser à la fin d’une grosse journée.

Le fitness pour moi c’est de mettre notre santé en priorité.

Le fitness pour moi c’est de ne jamais s’oublier dans le processus, quel que soit notre objectif final.

Le fitness pour moi c’est d’avoir du plaisir à pratiquer un sport ou une activité physique.

Le fitness pour moi c’est de prendre une marche avec son chien, d’aller au parc avec son enfant ou de faire une randonnée en montagne avec son chum.

Le fitness pour moi c’est d’essayer de nouvelles choses.

Le fitness pour moi c’est d’oser sortir de notre zone de confort.

Le fitness pour moi c’est de bouger parce qu’on en a envie et non pas parce qu’on s’y sent obligé.

Le fitness pour moi c’est de performer, de se surprendre, de découvrir ou d’apprendre de nouvelles techniques.

Le fitness pour moi ce n’est pas un look précis, un poids précis ou même un pourcentage de gras précis.

Le fitness pour moi c’est le sentiment de fierté qui t’habite après un entraînement.

Le fitness pour moi c’est comment tu te sens et non pas ce dont tu à l’air.

Le fitness pour moi c’est d’être active pour pouvoir suivre ma fille plus tard.

Le fitness pour moi c’est de trouver un équilibre et d’offrir un modèle sain à ma famille.

Le fitness pour moi c’est simplement de l’adapter à ta situation à TOI.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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