Ton commentaire sur les médias sociaux, il me fait mal à moi aussi - La cyber-intimidation entre femmes

06 Juin 2018 | Anne-Marie Gobeil

J’ai 27 ans.
En secondaire 1, j’étais weird. 
Tsé, en 2003, la petite grassouillette habillée en permanence d’un chandail capuchon bleu poudre FUBU avec des pantalons trop grand beiges (je le dis avec beaucoup d’amour)

Ma facilité à communiquer était assez limitée à l’époque.
Je me rappellerai toujours le sentiment d’arriver seule aux danses scolaires sans jamais être invitée à danser
Je cherchais ma place en tant qu’adolescente, étudiante et jeune femme en pleine puberté

Je me rappellerai toute ma vie les heures de dîner que j’ai passé à manger dans les toilettes
Le fameux camp scolaire à Tadoussac auquel on m’avait placé dans la chambre des ‘’filles populaires’'
Ce soir là, on m’a fait un ''wedgie’’ avec mes culottes devant environ 15 personnes
J’avais juste hâte que le camp finisse
J’étais différente physiquement et intellectuellement donc on me le faisait sentir
Je peux leur dire merci aujourd'hui car grâce à tous ces jeunes, j’ai développé de la compassion et énormément de respect pour les gens que je rencontre
Le plus perturbant dans cette histoire est que ces personnes-là ne doivent même plus se rappeler de tout ça aujourd’hui
Mais moi, si
 
Je repense souvent à cette époque et je me demande comment aurait été ces moments plus difficiles avec cette folie des médias sociaux sociaux tel qu’on le vit actuellement

Durant les prochains jours, réfléchis à cette question et porte ta réflexion encore plus loin
Réalises-tu quand tu lances à quelqu’un - peu importe son nombre d'abonnés, qu'il ou elle soit influencer/influenceuse ou non - sur les réseaux sociaux : 

‘’En tout cas, tu étais vraiment plus belle avant’’
‘’Hey mon amie @marievivi, as-tu vu comme elle a engraissé depuis un an?’’
‘’Tu n'as pas l’air de t’entraîner, lol’'
‘’Je ferais JAMAIS ça avec mon enfant. Quel parent indigne.’"


Je vais m’arrêter ici car vous savez exactement de quel genre de commentaire les réseaux sociaux sont inondés.

Là, je te vois venir.
Tu vas peut-être me répondre : 
‘’C'est le travail des influenceurs du net et des personnalités publiques d’être jugées. C’est carrément leur faute ; ces personnes qui se montrent publiquement ATTIRENT ce genre d'attention. J'ai donc mon droit d'opinion et je peux commenter ce qui me chante."

Réalises-tu l’impact que ton simple commentaire peut avoir sur des centaines de gens?
Parce que ton commentaire, TOUT LE MONDE le voit.

L’influenceur/l'influenceuse a des émotions, un passé, un histoire, un futur. C'est un être humain, comme toi, après tout.
Mais, la jeune fille de 12 ans qui la suit, la maman de famille un peu débordée qui parcour son profil, la fille qui vit un trouble alimentaire qui regarde ses photos, le gars qui la trouve inspirante, eux aussi en ont.
Eux aussi, verront ton commentaire blessant. 
Eux aussi, peuvent se sentir visés et concernés. 
Un simple commentaire peut s'adresser à des centaines de gens sur les réseaux sociaux et faire du mal à l'infini, comme une chaîne domino.
Disons, la petite Émilie de 2003 aurait sûrement trouvé ça bien difficile de lire et entendre tout ce que tu as à dire.

Le mois de la diversité, c’est aussi de comprendre que les paroles ne s’envolent pas
Les écrits non plus
Même effacés ou excusés, ils restent.
Peut-être pas pour toi mais pour d’autres, oui
Et ça tendance à rester encore plus ancrés dans nos têtes quand c'est négatif malheureusement, l’humain est fait ainsi

Il faut se rappeller que le pire ennemi de la femme, ce sont les femmes qui se voient comme des opposantes et des cibles à éliminer.

T’as le droit d’être fragile, d’être forte, de te sentir moche et parfois comme la plus belle du monde. T’as le droit d’être différente, d’exagérer parfois et de rester en pyjama ton dimanche entier. T’as le droit de t’aimer comme tu es, mentalement et physiquement, même si la société te veut autrement. Tout comme t'as le droit à certains moments de ne pas être en mode #BodyPositive et #SelfLove. T’as le droit de vivre ces hauts et ces bas-là.

La journée de la femme et le mois de la diversité, c’est chaque jour : complimente ta collègue, appuie le projet de ton amie, tourne ta langue 7 fois avant de parler et transforme ton commentaire d'opinion blessant en quelque chose de constructif et positif.

Transforme ta jalousie et ton envie envers les autres femmes en source d’inspiration. Vis librement et surtout, questionne-toi toujours sur tes croyances et tes peurs, parce qu'elles peuvent parfois être fausses ou irrationnelles.

Des femmes se sont battues pour qu'on soit égales aux hommes. Honorons-les en nous appuyant entre nous comme elles l'ont fait. 

Célèbre ce mois de la diversité avec simplicité et authenticité. C’est un bon moment pour prendre du recul sur tes relations avec les femmes dans ton entourage.  La femme est imparfaite et c’est ce qu’il faut célébrer.

Emilie Potvin
@emileesunshine


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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