Suis-tu une diète

27 Juillet 2018 | Anne-Marie Gobeil

Ça fait un bail que je n'ai pas publié quelque chose d'un peu plus personnel et je dois avouer que ça me manquait ! Cet après-midi, je discutais avec Kim (si tu ne connais pas Kim, elle se cache elle aussi derrière Barbelle!) en lunchant. La plupart des midis, on va manger dehors (quand tu travailles derrière un écran toute la journée, la vitamine D revigore, disons).

On parlait de tout et de rien, vraiment, jusqu'à ce qu'on se mettent à parler de notre relation avec la nourriture. Tu vois, moi et Kim avons plusieurs trucs en commun, dont une relation avec la nourriture qui a traversé de sérieuses turbulences. C'est surtout parce qu'il y a quelques années, on s'est toutes les deux enrôlées dans les compétitions Fitness et qu'on s'est pas conséquent mariées au tilapia sec, au brocoli trop cuit et au gruau nature.

Kim, qui part en vacances cette semaine, me lance : "C'est quand même incroyable qu'il y a deux ans, j'aurais complètement PANIQUÉ à l'idée de ne pas pouvoir contrôler tout ce que je mange en vacances." J'acquiesce en ajoutant : "Si tu m'avais dit il y a quelques années qu'un beau jour, je mangerais des glucides à tous les repas sans l'ombre d'un soucis, je ne t'aurais JAMAIS cru!" 

C'est tellement triste quand je repense à ce à quoi ma vie ressemblait jadis. Je me suis enchaînée aux diètes en pensant bien faire, mais j'ai rapidement perdu le contrôle. Au début, je voulais simplement manger sainement, mais avec les "diètes" tu n'apprends qu'à cultiver la restriction et le sentiment de culpabilité. La nourriture était ce qui dictait le cours de mes journée ainsi que chacune de mes humeurs. Soit j'angoissais en pensant à ce que je venais tout juste de manger, ou bien soit je stressais en pensant à ce que j'allais manger plus tard. Tristement, j'ai l'impression de n'avoir pas vraiment vécu durant ces années de ma vie : je survivais, c'est tout.

"Je regrette tellement, renchérit Kim, je ne vivais pas du tout dans le moment présent. Je ne savais PAS comment!" 

Le pire là-dedans ? Nous ne sommes pas du tout des cas isolés. Malheureusement, la PLUPART des femmes vont développer à un moment de leur vie une relation malsaine avec la nourriture et/ou leur corps. 

Peut-on VRAIMENT nous blâmer? On demande de l'aide pour manger santé et on se fait donner une feuille de papier où on nous indique précisément quoi et quand manger. "La même chose tous les jours?", tu demandes. "Tu veux des résultats, ou pas?", on te répond. 

Oui. Oui, tu veux des résultats...mais PAS comme ÇA. 

Un cercle vicieux

C'est très difficile de réaliser que ce qu'on fait à notre corps et à notre tête est terriblement destructeur quand on est en plein DEDANS. Je me rappelle me sentir constamment misérable parce que je ne sentais jamais satisfaite de mon corps, de mon poids, de mon taux de gras et parce que je comparais mes progrès à ceux des autres en me disant : "Mais qu'est-ce qui cloche avec moi? Pourtant je travaille SI dur!" 

Et c'était vrai, je travaillais fort. Trop fort. Je ne mangeais que très peu malgré mon niveau d'activité physique élevé (ce qui est littéralement LA PIRE chose que tu puisses faire), j'avais coupé les glucides, les sucres, je ne mangeais que des légumes verts, du blanc d'oeuf et des viandes maigres. Je poussais mon corps si fort que mon corps, qu'à force d'être restreint et stressé en permanence, il se rebellait contre moi.

T'es-tu déjà retrouvé la FACE dans le pot de crème glacée, la boîte à biscuit, le sac de chips, le panier à pain ou le beurre d'arachides sans être physiquement CAPABLE de t'arrêter? Moi aussi. Ces épisodes de gavage alimentaire, connus aussi sous le terme anglo "Binge-Eating" faisaient partie de ma réalité, peu importe à quel point j'essayais de les éviter. 

"Je me souviens d'avoir TELLEMENT hâte de revenir chez moi le soir après le travail pour être seule, aller au dépanneur et m'empiffrer de cochonneries jusqu'à ce que j'en tombe malade", je confie à Kim.

"Moi, dit-elle, j'allais même jusqu'à cacher des papiers d'emballage de cornets, de bonbons et de chips dans le fin fond des poubelle pour ne pas que mon chum les voit. J'avais juste honte de ce que je faisais, mais je ne pouvais pas m'arrêter, même si je n'avais plus faim."

La vérité, même si on ne veut pas toujours la voir en face, c'est qu'une diète rigide, une diminution calorique ou une suppression des glucides, aussi "populaire" soit-elle, ne vaut RIEN et ne fonctionne PAS parce qu'on se retrouve prise au piège dans un cercle vicieux qui nous pousse à des compulsions alimentaires incontrôlable.

Tu ne me crois pas ? Quelques unes d'entre vous savent peut-être qu'en 2017, j'ai perdu près de 30 lbs. Et ce n'est pas sur ce chiffre ou mon poids actuel que je veux que tu te concentres ; je veux tout simplement te prouver que être vraiment en santé et en forme, c'est tellement PLUS large et complexe que de suivre une diète de façon stricte. Comment puis-je expliquer que lorsque je mangeais quotidiennement 1300 calories (en plus de m'entraîner deux fois par jour), j'étais coincée à près de 187 lbs et que maintenant, alors que je consommes plus ou moins 2500 calories par jour, j'en pèse 157 ? 

Il n'y a pas de raison évidente ou logique. Parce que sur papier, une diète stricte qu'on suit produit plus de résultats, non ? Peut-être, mais en pratique, dans la vraie vie, c'est complètement différent.

Pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes humaines et que notre psychologique a un pouvoir décisionnel incommensurable sur ce qui se trouve ou pas au bout de notre fourchette. Si tu suis à la lettre ce que ta diète te recommande de manger du lundi au vendredi, mais que le weekend venu, tu es emportée par des pulsions alimentaires qui semblent impossible à contrôler ou stopper, tu es perdante.

  • C'est faux de penser que tu peux t'en tirer avec des résultats positifs si tu t'empiffres à coup de plusieurs milliers de calories d'aliments vides chaque semaine. Physiologiquement parlant, c'est un vrai suicide alimentaire.
  • S'affamer physiquement et mentalement, ça mène vers un mur, point. 
  • Tu vas aussi commencer à penser que manger santé est une punition et quelque chose stressant.
  • Le pire, c'est qu'à chaque fois que tu "dérapes", tu as l'impression que tu dois travailler deux fois plus fort pour te rattraper. Tu te sens coupable à mourir et tu t'enfonce encore plus profondément dans cette relation avec la nourriture qui est marquée par la peur.

Et non, ce n'est pas un manque de volonté dont tu souffres ; PERSONNE ne peut maintenir un engagement à long terme envers une diète ou un régime trop strict, limitatif ou tout simplement pas conçu pour ses besoins métaboliques uniques. Ce n'est PAS réaliste et surtout, ça n'a RIEN à voir avec le fait D'APPRENDRE ce que manger sainement veut dire pour SOI. Quand tu imposes AUTANT de restrictions à ton corps, ton esprit et ton âme, c'est normal que tu traverses des épisodes de crises. C'est un cercle vicieux sans fin, à moins que tu décides d'y mettre un terme. 

Les impacts sur nos relations

Ce qu'il est difficile de voir quand on suis un plan alimentaire stricte, c'est les autres autour de soi. Du moins, c'est ce que j'ai réalisé. Alors que la plupart des gens me trouvaient bonne de manger aussi santé, mes proches étaient probablement inquiets de me voir développer une obsession à compter chaque calories et gramme de nourriture qui se retrouvait dans mon assiette. Ce qui est encore plus difficile, c'est l'isolement que je m'infligeais pour réussir à suivre à la perfection ma diète. J'avoue avoir vécu les moments les plus lonely de ma vie quand je suivais l'un de ces fameux régime visant à faire fondre ma masse graisseuse en une fraction de temps. 

Refuser des invitations, apporter mon lunch partout où j'allais, éviter les réunions, les partys, les soupers...rien ne semble plus important que de ne pas déroger de mon plan. C'est tellement facile d'effriter nos relations amicales, amoureuses et même familiales quand on vit pour compter ses calories. Évidemment, on a l'impression que personne ne nous comprend, tout le monde nous irrite et, je déteste te le dire aussi franchement que ça, mais il y a des chances que tu sois devenue un peu difficile à vivre toi aussi. Faire les montagnes russes avec son corps et ses hormones, ça peut nous transformer (avec raison!) en grincheuse aux sautes d'humeur invivables. Je sais pour ma part que j'étais nettement plus aigrie, égoïste et que j'avais la mèche courte à cette époque de ma vie. C'était carrément devenue ma deuxième personnalité. 

"Moi, me confie Kim, je me disais que mon chum allait finir par me laisser tellement j'étais dur à vivre." 

"Je  ne me rappelle pas avoir réussi à dater qui que ce soit de façon saine à cette époque", je renchéris, "Je pense que j'avais vraiment des problèmes à gérer mes émotions". 

Tu vois, jamais je ne veux retourner là. Jamais je ne veux faire passer une stupide "diète" avant ceux qui me sont proches ou les expériences de vie qui resteront gravées à tout jamais dans mon esprit. La vie est juste trop courte pour la vivre misérablement. Je VEUX manger le plus sainement possible, mais plus jamais en respectant davantage les directives d'une stupide diète plus que mon propre corps.

Les conséquences sur notre santé 

Quand on s'embarque dans une "diète" pour la première fois, on croit toujours bien faire. L'intention est bonne, mais malheureusement, notre naïveté est souvent ce qui nous fait flancher pour la MAUVAISE méthode. Si tu SAVAIS à quel point c'est facile de se faire vendre un produit miracle ou un régime quand quelqu'un nous manipule ou joue sur nos cordes sensibles (comme notre apparence et à quel point on serait DONT heureuse avec 10 lbs en moins...#not). 

Les seuls vrais "troubles" de santé que j'ai connu dans ma vie ont été créés par moi-même lorsque je torturais mon corps (en pensant bien faire) à coup de diètes stricte par dessus régimes restrictifs.

  • Intolérances et sensibilité alimentaires au poulet, aux oeufs, aux grains, au gluten, aux patates douces, aux légumes verts, aux carottes, au lactose et produits laitiers. 
  • Désordre hormonal (à un certain stade, mon taux d'hormones thyroïdienne avait chuté, me plaçant dans un cas près de l'hypothyroïdie) 
  • Gain de poids du à l'inflammation chronique dans mon corps
  • Fatigue constante
  • Anxiété et troubles de sommeil
  • État dépressif constant ; j'étais incapable d'être heureuse à moins de perdre beaucoup de gras ou de suivre ma diète à la perfection
  • Déclin des performances sportives
  • Perte de mes menstruations à certains moments où j'étais particulièrement stricte
  • Développement de compulsions alimentaire (binge-eating)
  • Crainte de manger

Je pense que ce sont vraiment toutes mes mauvaises expériences avec les diètes qui m'ont poussé à élaborer une méthode alimentaire qui serait flexible et viable que je pourrais enseigner à mes clientes féminines. C'est simple, ce que j'ai vécu était horrible, sur le plan mental, comme au niveau de ma confiance ainsi que de mon corps et tu n'as pas besoin d'attendre de vivre tous ces effets secondaires et ces problématiques métaboliques comme moi pour comprendre.

Tu sais, moi, je refusais de voir la vérité en face. Je refusais, par orgueil, de ralentir. Mais toi, toi tu PEUX arrêter maintenant. Ça ne vaut pas le coup. 

Prends plus de temps pour atteindre tes objectifs sainement : vise 12 mois plutôt que 12 semaines, parce qu'honnêtement, c'est le temps que ça prendra. Y'a pas le feu ! Fais-le de façon flexible et réaliste, selon tes propres termes, pas de façon précipitée et extrémiste juste parce que ton influences préférée t'a dit que c'est ce qu'elle faisait. Construis ton métabolisme au lieu de l'anéantir. Apprends à cuisiner dans la variété et avec les aliments sain que tu aimes plutôt que de penser que manger santé rime avec platitude. 

Si tu réalises que ton entraîneur(e) ou ton professionnel de la santé n'est pas à ton écoute, n'aies surtout pas peur de te lever et de t'opposer. Tu as raison : il ou elle devrait faire beaucoup MIEUX que de te cracher une diète "One-Size-Fits-All" qui ne rime qu'avec restrictions. Ce n'est pas une course la nutrition, c'est un marathon. C'est aussi quelque chose de tellement personnel et individuel ; apprends à connaître ton corps avant d'apprendre à compter tes macros, sérieusement, c'est un meilleur investissement de ton temps. 

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Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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