Arrête de croire aux licornes

25 Janvier 2019 | Anne-Marie Gobeil

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Sais-tu ce qui me rend folle (plus que de devoir furieusement renverser mon panier de lessive à la recherche de deux bas qui sont agencés ensemble, mettons) ?

Ce qui me rend folle, c’est de constater à quel point on est encore loin du but, nous les femmes.

La raison pour laquelle j’ai décidé de tout bonnement me partir un blog et de lancer Barbelle, c’était parce qu’après avoir été entraîneure durant quelques années, j’en ai eu assez d’entendre des histoires d’horreur dans mon bureau : des femmes qui, prêtes à tout pour perdre du poids, avaient jouer au yoyo avec leur corps, débourser plusieurs centaines de dollars dans des produits et régimes qui ne marchaient pas ou avaient grandement endommagé leur métabolisme ou leur relation avec la nourriture.

Des femmes qui avaient perdu tout espoir en leur corps et ruiné leur confiance en elles parce qu’elles avaient été « naïves » et s’étaient laissé charmées par la promesse que SI elles arrivaient à perdre 10, 20, 60 livres, elles seraient finalement heureuses, comblées et que leur vie serait automatiquement merveilleuse.

Ces rencontres-là étaient vraiment tristes et je ne pouvais m’empêcher de ressentir une bonne dose d’empathie pour ces femmes-là.

« Si seulement elles avaient su ce que MOI je sais sur le corps humain », je me disais, « Elles ne seraient pas tombées dans le panneau si elles avaient été mieux informées. »

Et puis : TA-DAH! Une véritable épiphanie s’est manifestée en moi : j’allais combattre la désinformation dans le monde de la mise en forme. J’allais mettre sur Internet TOUTES les connaissances que j’avais accumulé en tant qu’entraîneure pour que plus jamais une femme ne se laisse embourber ainsi. Plus jamais je n’allais devoir soutenir ce regarde hagard, désespéré et dépassé avec lequel les femmes qui étaient venues dans mon bureau pour obtenir de l’aide m’avaient fixée.

Barbelle donc a vu le jour parce que j’ai voulu comblé un IMMENSE vide dans le monde de la remise en forme : alors que tout le monde semblait vendre du rêve, posséder une formule miracle, je voulais seulement que les femmes soient éduquées, informées et plus conscientes des choix qu’elles feraient pour leur corps et leur santé.

Parce qu’entre toi et moi, la meilleure arme qu’on puisse posséder, c’est son savoir. Sans connaissances, tu es vulnérable. Très vulnérable. Et si tu as des objectifs santé, mais que tu ne comprends pas comment ton corps fonctionne, fille, je te le dis en toute honnêteté, tu es fichue d’avance.

Ce que je ne savais pas à l’époque, c’est à quel point j’aurais du pain sur la planche. À quel point la majorité des femmes avaient été contaminées par un espèce de morpion laveur les cerveau.

Ce que je ne savais pas, c’est que les gens auraient vraiment plus de difficulté à être convaincus que « manger sainement » ne voulait pas dire compter chaque calorie qui entre dans son corps. Que les femmes auraient de la difficulté à délaisser les diètes strictes qu’elles enchainent pourtant toutes sans bien grand succès et qui les laissent sur leur faim (littéralement).

Ce dont je ne me doutais pas, c’est qu’il serait plus difficile d’enseigner aux gens à être satisfaits avec l’atteinte de l’équilibre, le juste-milieu, que de les convaincre de débourser une petite fortune sur une potion magique brûleuse-de-graisse-ultime tout droit sorti d’un grimoire de magie à la con.

Ce que je n’avais pas vu venir, c’est que beaucoup de femmes continueraient de mesurer leur valeur et leur beauté par le chiffre affiché sur leur balance, même si être obsédée par ce chiffre les rend malades et les fait pourir par en dedans.

Ce que je n’avais pas prévu, c’est que même avec une bibliothèque d’information à leur disposition, plusieurs femmes continueraient de penser qu’en gonflant leurs postérieurs et amincissant leurs tailles elles seraient plus confiantes et que muscler leur QI était reléguer au plan secondaire. Erreur. Parce qu’on sait toutes que tu peux changer ton enveloppe corporelle, la façon dont un jean fit sur toi ou bien ton taux de gras et ne voir que tout ce qui te déplaît sur ton corps, des larmes coulant sur tes joues, quand tu te regardes nue dans le miroir. Sérieux, ça sert à quoi?

Et pourquoi tu continues au fait ?

Est-ce que le plan est de courir en cercle telle une poule pas de tête, de diète stricte en fat-burner en intervention-choc jusqu’à tellement t’étourdir que tu finis par ne plus ressentir la déception quand tu abandonnes pour cinquantième fois et te retrouves à la case départ ?

Est-ce que le but est de te donner toutes les chances de t’autosaboter parce que tu es convaincue de ne pas pouvoir t’aimer de toute façon?

C’est quoi cette mentalité ?

La moitié du temps, j’ai encore cette fougue qui m’habite de convaincre les masses que la santé, la beauté, le bien-être et le « fitness » ce n’est pas l’illusion qu’on nous vend depuis des décennies. Je n’ai pas dit mon dernier mot et je continuerai de me battre pour que les femmes de demain, nos filles à nous, ne traverses pas les mêmes tempêtes que nous. Juste parce que ça, ça me semble important.

L’autre moitié du temps, je me demande vraiment si je suis assez forte pour faire ça. Je me demande si quelqu’un écoute vraiment, ou au pire, entend. Je me demande si je peux vraiment me battre contre ce monstre épeurant et invisible qui, tel un serpent venimeux, frémit dans la nuit et imprègne de sa morsure fatale les plus faibles. Le culte de la diète, le culte de la minceur, le culte de la perfection…appelle-le comme tu veux, mais c’est un poison!

Finalement, non, je ne suis pas la génie exauceuse de souhaits que tu souhaiterais, mais au moins moi, je ne te blufferai jamais. Je n’ai pas de licorne pour toi, mais j’ai un antidote au poison de vipère : je crois juste que si tu apprends à cultiver une relation positive avec ton corps, que tu améliores ta relation avec la nourriture, que tu commences à bouger pour être bien dans ta peau et te sentir fière d’être plus forte et plus endurante et surtout que tu t’intéresses autant à approfondir tes connaissances que tu te préoccupes actuellement à ta taille de patalon, ton poids ou ton taux de gras, tu auras plus de succès et pour plus longtemps.

C’est simple, vraiment. Je te demande juste de croire en la possibilité que tu n'aie pas besoin de torture/punir/tourmenter ton corps pour être en forme et santé.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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