Tout le monde suit un régime, mais pas moi

27 Octobre 2019 | Anne-Marie Gobeil

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Manger santé et faire du sport est souvent le premier pas qu’on va prendre quand on veut commencer à prendre soin de soi. Par expérience personnelle, quelqu’un qui veut se « sentir bien » va presque toujours se tourner vers les résultats physiques d’un régime alimentaire ou d’un programme d’entraînement.

Cest fou, parce que même si c’est de services d’accompagnement psychologique dont on a réellement besoin pour guérir une blessure émotionnelle ou finalement réussir à avoir confiance en soi, on dirait qu’on va souvent d’abord chercher à « perdre notre fameux 15 lbs en trop » ou « se tonifier la culotte de cheval» avec l’espoirt un peu naïf qu’une nouvelle silhouette changera tout.

Nul besoin de te dire que ça ne change rien, d’avoir 15 lbs en moins, quand le problème, le vrai, il est entre les deux oreilles.

Je ne te blâme pas ! C’est quelque chose qu’on fait systématiquement dans notre monde moderne : on achète du neuf qui scintille en espérant que ça soit suffisant pour distraire de tout le reste, de ce qui a VRAIMENT besoin de travail.

Je ne dis pas que de se remettre en forme et de perdre du poids sont de mauvaises choses. Le problème est quand tu utilises des méthodes de mise en forme de façon abusive, que tu sautes de diète en diète parce que tu perds toujours ta motivation et que tu te retrouves constamment à la case départ.

Pire : quand tu réalises que tu as développé une relation malsaine avec la nourriture, ton poids et ton corps.

Depuis les deux dernières années, j’ai consacré énormément d’énergies à aider des femmes prisonnières du cercle vicieux des diètes. Cet engrenage toxique qui les fait passer dune période d’extrême restriction à une phase de rébellion qui les transforme en véritable bête sauvage affamée qui n’a qu’un but en tête : dévorer et se repandre sans aucune retenue.

Mais dans cette lutte, je suis souvent démoralisée et j’ai l’impression qu’à chaque fois que je réussis à convaincre une poignée de femmes à adopter une méthode alimentaire plus équilibrée, une autre diète à la mode fait surface et procède à son lavage de cerveau mandatoire pour enrôler les plus vulnérables.

Puis je me souviens que j’ai déjà été là moi aussi.

Si je pouvais revenir dans le temps et donner un franc conseil à la « moi » de quand j’avais 18 ans je sais exactement ce que je lui dirais :

« Ne perds pas ton « 10 lbs en trop ». Ne commence pas de « diète » juste parce que tu veux te couper des émotions que tu ressens en dedans. Ne fais pas de compétition de fitness. Manger 1000 calories par jour ce n’est pas normal. Passer au travers d’un pot de beurre d’arachide à la cuillère parce que tu es affamée ce n’est pas normal non plus. Tu es obsédée avec ton poids et si tu n’en perds pas assez, tu te consoles avec de la nourriture. Pour chaque livre perdue, tu vas en reprendre 2. En ce moment, ton objectif est d’atteindre le 125 lbs, mais sais-tu que tu vas un jour peser 189 lbs justement à cause de la diète hyper stricte que tu te félicites de suivre à la lettre? »

Il y a en d’entre nous qui ont malheureusement besoin de toucher le fond du baril pour se rendre compte qu’essayer de changer son corps ou perdre du poids en étant propulsée par un sentiment issu de la peur ne fonctionne tout simplement pas.

 

La peur : le pire carburant pour tes objectifs santé

Si tu es de celles qui se retrouvent toujours à commencer une *nouvelle* diète, qui se retrouvent constamment à la case départ et qui voient leur motivation se dissiper après quelques jours ou semaines, je suis prête à parier que tu n’as pas de bonne raison de vouloir te mettre en forme.

Par là je veux dire que tu te pousses probablement à t’entraîner et manger santé par haine pour ton corps, un sentiment issu de la peur qui ne te propulse nul part sauf tout droit dans un mur.

Il n’y a pas de mal à vouloir changer ton corps. Aussi, c’est impossible de tout aimer de soi. Mais d’un autre côté, détester ton corps n’est pas une bonne raison de te mettre en forme. Du moins, ce n’est pas le genre d’intervention dont tu as besoin : perdre du poids ne vas pas te faire t’aimer plus si à la base, tu ne t’aimes pas. L'amour de soi est un "inside-job", par une cure minceur de 30 jours.

La peur de l’échec est aussi un thème fréquent dans l’univers de la mise en forme au féminin. On a tellement peur d’échouer qu’on s’auto-sabote. À force de penser à l’échec, tu attires l’échec et l’échec devient ta nouvelle réalité.

La comparaison est aussi un sentiment associ à la peur. Je vois tellement de femmes qui, au lieu de se concentrer à faire fleurir leur propre jardin et à devenir la meilleure version d’elles-mêmes qu’elles peuvent possiblement être, passent tout leur temps à envier les autres et à se comparer. Si tu essaies de devenir quelqu’un d’autre en perdant du poids, j’espère que tu réalises que tu dois d’abord comprendre pourquoi tu cherches à fuir ta propre présence?

 

Avoir l’impression de ne jamais manger « assez » santé : le mal de notre génération

À main levée, qui ici a l’impression de ne jamais manger « assez » santé, malgré ses efforts?

Idem. La culture des diètes adore capitaliser sur le sentiment de honte et de culpabilité que nous ressentons toutes - malgré nous -  quand il est question de notre corps, de notre poids et du contenu de notre assiette.

Notre génération est bien plus préoccupée par la santé que celle de nos parents et grands-parents. Je parie que tu as déjà eu une conversation sur le végétalisme, le biologique, le sans-gluten ou encore le cétogène. Le hic, c’est que plus on en apprend sur ces diverses croyances alimentaires, moins on a l’impression d’en faire assez, de manger suffisament santé, peu importe nos efforts.

La définition de ce qui est « santé » devient très fluide, mais semble aussi vraiment inaccessible pour nous, le commun des mortels. Personnellement, même si je suis dans le milieu du bien-être,et que j’estime avoir de solides connaissances sur la nutrition, il m’arrive de me sentir complêtement dépassée! Selon toutes les « tendances » alimentaires du moment, si je voulais être vraiment « en santé », je devrais jeûner jusqu’à midi, puis manger une diète cétogène uniquement à base de végétaux biologiques.

Tu réalises à quel point c’est ABSURDE et irréaliste quand je le formule comme ça? Je crois que la seule façon de survivre à l’afflux d’information controversée sur la nutrition, c’est de faire l’effort de repenser TA définition de l’alimentation saine. Ça veut dire quoi pour TOI manger santé?

Pourquoi ne pas simplement NOURRIR ton corps à tous les niveaux (cellulaire, mental & émotionnel)?

Oui, manger tes légumes verts, mais aussi jouïr d’un bon dessert sans culpabilité quand l’occasion se présente. On cherche à remplir son assiette d’aliments complets, essentiels qui vont ACCOMPLIR quelque chose de positif dans notre corps OU notre esprit.

Pourquoi être stressée en permanence à l’idée de "bien manger" lorsqu’il est possible de faire ça simple?

 

La transition vers une alimentation plus intuitive : la meilleure façon de rebâtir une relation saine avec la nourriture?

Selon moi, l’alimentation intuitive devrait être la destination alimentaire finale de toutes les femmes ; du moins, c’est ce que je souhaite pour chacune d’entre nous. Pendant des générations, les femmes se sont enchaînées à des diètes et cures en quête de minceur, mais la vérité, c’est que les diètes ne fonctionnent pas. Ou du moins, elles ne fonctionneront pas toute une vie.

Si je te disais que manger santé n’est pas censé être aussi difficile et compliqué que ça semble l’être quand on suit une diète. C’est ÇA l’alimentation intuitive, ou comment tu peux apprendre à manger sainement pour alimenter ton corps et ton esprit sans jamais avoir à calculer quoi que ce soit ou bien à obséder sur un groupe d’aliments « interdits ». Tes seuls point de repères sont ceux que tu possèdes déjà : ton sentiment de faim et de satiété ainsi que tes préférences alimentaires.

C’est l’ultime porte de sortie à l’esclavage alimentaire : le plan B qu est véritablement le plan A. Parce qu’une fois que tu maîtrises l’alimentation intuitive, tu regagnes ta liberté et tu doubles tes chances de ne jamais arrêter de manger santé.

L’alimentation intuitive est un processus long et qui exige parfois son lot d’essais et d’erreurs. Ça devrait être ta destination finale en matière de nutrition, pas quelque chose que tu maîtrises du premiers coup. Rome ne s’est pas construite en un jour et réalistiquement, reconnecter avec ton corps et réapprendre à te faire confiance peut prendre des mois, voir des années.

À prime à bord, si tu veux vraiment manger de façon intuitive et réussir, tu dois être prête à changer ta perspective face à tout ce que tu connais de la nutrition. Personnellement, quand j’ai débuté l’alimentation intuitive, c’est ce que j’ai trouvé le plus difficile à faire. Ma tête était REMPLIE à CRAQUER d’informations et de données scientifiques contradictoires sur la nutrition et à CHAQUE REPAS, j’hyper-analysais absolument tout ce qui passait mes lèvres :

 

« Voyons, je ne peux pas manger du gruau! Je ne suis pas censée manger des glucides le matin.»

« Je dois manger au 150 gr de protéines par jour, c’est vital! »

« Je ne devrais pas manger du gluten… »

« Oh mon dieu, ce repas est tellement calorique! »

« C’est beaucoup trop de gras! »

Au début, à chaque bouchée, un sentiment d’anxiété et de culpabilité profonde m’envahissait. À chaque fois que je déposais ma fourchette, une voix dans ma tête me criait de retourner à mes anciennes manières, de sortir ma balance à nourriture et de me remettre à compter les calories. C’est là que j’ai vraiment réalisé à quel point j’avais une relation malsaine avec la nourriture qui se DEVAIT d’être changée. Se reprogrammer, c’est franchement difficile, je te le dis. Si tu veux te lancer dans l’alimentation intuitive, ne crois pas que ce sera simple comme bonjour : prépares-toi à travailler fort et à vivre un certain état de choc au début.

L’alimentation intuitive est pour toutes celles qui veulent être en santé physiquement comme mentalement. C’est pour celles qui veulent cultiver une relation saine avec leur corps et avec la nourriture. Tu es une bonne candidate si tu cherches à nourrir ton corps plutôt qu’à le punir.

Il faut que tu saches cependant que l’alimentation intuitive n’est pas une méthode de nutrition idéale pour produire des changements au niveau de son corps ; c’est une philosophie que tu adoptes dans l’optique de rester en forme et en santé à vie, pas pour « perdre le mou de ventre » ou pour « diminuer les poignées d’amour ».

Même si ces résultats externes risquent de se produire quand tu transitionnes à une alimentation saine et intuitive, ça n’est tout simplement pas la fonction principale de cette méthode. Si les changements physiques sont la seule chose qui te motive, cette façon de faire n’est pas pour toi.

 

 

LES BIENFAITS DE L’ALIMENTATION INTUITIVE :

 

1. Tu seras naturellement portée à faire de meilleurs choix alimentaires en étant plus in-tune avec les véritables désirs de ton corps. Les choix d'aliments seront ceux issus des bénéfices biologiques qu'ils peuvent te fournir.  Les légumes verts, les noix, les protéines végétales et les fruits deviendront soudainement beaucoup plus attirants. 

 

2. À l'opposé, tu seras de moins en moins tentée par les aliments "vides". Plus tu fournis à ton corps les aliments dont il a besoin pour fonctionner à plein moteur, plus il rejetteras les sucreries, et produits transformés. Que ce soit toi qui remarques soudainement que ces aliments qui te donnaient autrefois l'eau à la bouche n'ont plus du tout le même goût ou bien que tu te sentes littéralement malade suite à leur consommation, ton corps aura un moyen de te laisser savoir que ce n'est pas ce qu'il veut.

 

3. C'est aussi pour cette raison que beaucoup de gens (moi incluse) qui passent à une alimentation plus instinctive remarquent une disparition ou une diminution de plusieurs de leurs problèmes de digestion. Quand tu appuies sur pause et que tu prends le temps de te demander si ce que tu mets dans ton corps te fait véritablement sentir bien, tu travailles avec ton corps plutôt que contre lui. Les troubles de digestion comme les intolérances, les ballonnements, les gaz et les reflux acides peuvent être évités en CHANGEANT le type d'aliment qu'on consomme.  Prendre le temps de mastiquer et apprendre à ÉCOUTER notre signal de satiété pour s'arrêter de manger au moment où on est physiquement (et pas psychologiquement) rassasiée sont aussi des éléments clés si on cherche à en finir une bonne fois pour toute avec les malaises gastriques. 

 

4. L'alimentation instinctive permet de grandement réduire le stress. Si tu es comme moi, l'alimentation est (était, plutôt) la plus grande source de stress dans ma vie. Oui, tu as lu correctement : la première chose à laquelle je pensais à mon réveil était ce que j'allais manger durant la journée. Je commençais mon déjeuner en pensant déjà à ce que j'allais me préparer au diner, puis au souper. Et durant les moments où je ne mangeais pas, je pensais à ce que je venais de manger dans mon précédent repas. Le soir, avant d'aller dormir, je faisais l'inventaire de tout ce que j'avais consommé durant ma journée pour finalement terminer en beauté en pensant à ce que j'allais manger le lendemain. Le stress alimentaire était un véritable cauchemar et j'étais tellement angoissée que je ne me rendais même pas compte que ce n'étais PAS NORMAL de me sentir comme ça. En tirant sur la plug, en bon français, j'ai forcément rompu avec le stress (en partie) dans ma vie. 

 

 

LES PREMIÈRES ÉTAPES POUR FAIRE UNE TRANSITION

 

Ça y est! C’est décidé : tu te lance dans l’alimentation intuitive ! J’aimerais simplement couvrir avec toi de façon rudimentaire quelques gestes que tu pourrais déjà commencer à poser pour exécuter une transition de la bonne façon vers une alimentation plus intuitive que restrictive :

1. Cesser de compter les calories de façon rigoureuse. C’est la première et plus importante étape.

2. Manger plus lentement ; un repas devrait durer de 20 à 25 minutes pour permettre à ton estomac de transmettre le signal de satiété à ton cerveau. Puisque l’objectif est de ré-établir ce contact de faim et de satiété, c’est vital.

3. Laisser derrière toutes les croyanes et tendances alimentaires. Ça n’a pas d’importance ce que les autres font ou ne font pas : ce qui est important c’est de manger d’une façon qui te fait sentir bien et qui conviennent à TON corps.

4. Oublier les « aliments interdits » mettre un terme au cycle de culpabilité/restriction.

5. Met de côté la balance et le taux de gras. Ce n’est plus ce qui est important.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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