La santé a un look différent sur chaque corps...et il n'y a rien de mal à ça!

24 Novembre 2019 | Anne-Marie Gobeil

 PHOTO PAR VALÉRIE MILETTE PHOTOGRAPHIE PHOTO PAR VALÉRIE MILETTE PHOTOGRAPHIE

 

On a toutes l'impression, à un moment où à un autre de notre existence, de ne pas être "suffisante".  Que ce soit notre corps ou notre intelligence qu'on remet en question, ces moments durant lesquels notre confiance se liquidifie et glisse entre nos doigts nous font sentir seules au monde, faibles et anormales. 

Je ne connais aucune femme qui échappe à ces moments sinistres. Je ne connais aucune femme qui ne ressent pas son corps être aspiré par un gouffre invisible quand elle sur-analyse son reflet dans le miroir et qu'elle ne se trouve pas "assez". 

Je pense que c'est encore plus vrai dans le monde de l'entraînement. Quand on se fait happer par l'envie imminente de se mettre à changer nos habitudes de vie, on a tendance à le faire par envie de changer l'apparence de son corps. Et alors qu'il n'y a rien de mal à vouloir être mieux dans sa peau, ce n'est pas en modifiant l'allure de son corps qu'on devient automatiquement plus heureuse et en santé. 

C'est peut-être dû aux nombreuses photos avant/après qu'on voit défiler sur le net, ou bien à cause qu'on a l'impression que dans les publicités de vêtements de sport, de boissons protéinées ou encore de gyms, toutes les femmes ont le même style de corps. Il n'y a rien de mal avec un physique typiquement svelte et tonifié, mais quand on parle de femmes actives, il existe une panoplie d'autres silhouettes diversifiées que celles-ci peuvent arborer. 

D'un point de vue purement génétique et anatomique, ce ne sont pas tous les corps qui s'entraînent qui se ressembleront. 

J'AI L'IMPRESSION QU'IL Y A BEAUCOUP DE CONFUSION QUAND IL EST QUESTION D'IDENTIFIER CE QUE C'EST VRAIMENT D'ÊTRE EN "SHAPE".  

J'ai l'impression constante qu'on mélange souvent un corps en "shape" et un corps en santé et qu'on a l'impression que les deux vont automatiquement ensemble. Qu'une femme qui a des abdos défini est donc sans contredis en santé et qu'au contraire, une femme qui a des poignées d'amour ou de la cellulite ne l'est pas du tout. 

C'est peut-être parce que notre oeil n'est pas habitué de voir les femmes actives pour ce qu'elles sont vraiment : toutes uniques et différentes. C'est vrai ! La santé a un look complètement différent sur chaque corps et je crois que c'est important qu'on commence à le montrer davantage. 

Si c'était la norme de ne plus juger le niveau de santé d'une femme par rapport au nombre d'abdominaux visibles qu'elle a, peut-être qu'on commencerait à moins se sentir comme si notre corps n'était pas "suffisant". Si on avait des modèles de femmes actives qui représentent fidèlement toutes les femmes actives plutôt qu'un pourcentage de la population, peut-être qu'on serait toutes mieux dans notre peau.

Peut-être qu'on pourrait se concentrer plus sur ce qu'on aime de nos corps plutôt que sur ce qu'on a l'impression de devoir changer. 

 

C'est une erreur d'associer automatiquement, sans réfléchir, TAUX DE GRAS BAS avec SANTÉ pour plusieurs raisons : 

#1 Le métabolisme basal (soit la capacité de ton corps a utiliser un peu, moyennement ou beaucoup de calories chaque jour) diffère d'une personne à l'autre. Certaines femmes héritent d'un métabolisme rapide et réussissent à ne pas prendre de poids/de gras du tout même si elles mangent beaucoup de junk-food, boivent beaucoup d'alcool et ne prennent pas le temps de faire de l'activité physique quotidiennement.

Être mince, mais ne pas s'alimenter convenablement n'a rien de sain; intérieurement si le corps est malmené ou peu optimal, en quoi peut-on associer un seul type de corps à un facteur santé?

D'un autre côté, il y a ces femmes naturellement minces qui s'entraînent assidûment, mangent sainement et qui sont totalement fortes, mais qui réussissent plus difficilement à prendre du muscle. Être mince ne signifie par non plus qu'on souffre automatiquement d'un trouble alimentaire ou qu'on a un comportement auto-destructeur envers sa santé. 

 

#2 Pour la majorité des femmes, atteindre un physique dit "idéal", soit réduire son taux de gras le plus bas possible, nécessite un effort MONSTRE et SOUVENT des mesures extrêmes comme trop de cardio et trop peu de calories qui endommage le métabolisme, chamboulent les hormones et produisent des effets excessivement néfastes à long terme.

Je le sais pour l'avoir FAIT, pour avoir vu maintes et maintes femmes le FAIRE et pour en avoir vécu les conséquences directes; pousser son corps à l'extrême pour atteindre un objectif de "shape" extrême laisse des traces et c'est comme si personne ne parlait de ce danger-là. 

 

#3 Qui a dit qu'un femme traditionnellement considérée comme étant en "shape" est automatiquement plus confiante? Qui a dit qu'une femme mince était heureuse? 100% du temps que mon taux de gras était très bas, ma confiance était à son plus bas parce que c'était stressant d'avoir obtenu ces résultats et de craindre les perdre à tout instant si je mangeais un peu trop de carottes ou si j'osais manger des glucides complexes comme

La vérité c'est que minceur n'égale pas bonheur et que la santé mentale, ça compte. D'un autre côté, comment peut-on associer une femme qui n'est pas conventionnellement mince à un état opposé à la santé?
 

#4 Beaucoup de femmes qui sont naturellement pré-disposées à accumuler plus de gras plus facilement ont des métabolisme différents, plus lents, qui ne favorisent PAS la dépense calorique affolante. Si tu es une femme qui a l'impression qu'elle doit toujours travailler plus fort que tout le monde pour obtenir des résultats, c'est probablement la raison pour laquelle tu DOIS travailler aussi fort pour voir de minimes changements.

Cependant, ça ne veut absolument pas dire que ces femmes-là, plus en courbes, ne sont pas en "shape". Dans ma vie, les meilleures athlètes que j'ai rencontrées, soit les plus fortes, puissantes, endurantes; les athlètes que j'ai ADMIRÉ pour leurs performances hors du commun était plus robustes, musclées et en rien conventionnelles. 
 

#5 Les capacités sportives d'un individu ne sont pas toujours proportionnelles à son apparence athlétique. Ce que ton corps peut accomplir, ton endurance cardiovasculaire, ta force brute, ton habileté à exécuter un pull-up, un push-up ou à courir 5 kilomètres sans arrêter n'a souvent rien à voir avec ton taux de gras. Au fait, plus tu te trouves dans une braquette de poids/taux de gras qui représente ce que "santé" veut dire pour TON corps, mieux tu performeras. 

 

Je pense que le point principal qu'il est important de faire, c'est qu'on ne devrait JAMAIS en cent ans se laisser guider uniquement par l'apparence de quelqu'un, mince, en courbe, musclée ou peu importe, ou notre propre apparence tant qu'à y être. On ne devrait JAMAIS associer corps et santé parce que c'est trop facile d'être induite en erreur et par la suite de devenir complètement obsédée avec notre propre reflet dans le miroir. 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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