On prescrit aux gens en surpoids ce qu'on diagnostique comme un trouble alimentaire chez les gens minces (et voici pourquoi c'est néfaste)

03 Mars 2019 | Anne-Marie Gobeil

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"On prescrit aux gens en surpoids ce qu'on diagnostique comme un trouble alimentaire chez les gens minces."

Ouch. Ça, ça fait réfléchir. J'ai vu cette citation défiler dans mon Instagram il y a quelques jours et depuis, je n'ai pas cessé d'y songer.

Manger beaucoup moins = perte de poids considérable?

Parce que c'est vrai : les gens qui veulent perdre du poids et qui consultent pour obtenir de l'aide reçoivent plus souvent qu'autrement une liste de restrictions alimentaires.

"Tu veux perdre du poids, alors tu dois éliminé si, ne plus manger ça, couper là et réduire ceci."

En un sens, c'est logique que pour changer sa composition corporelle, il fasse modifier ses habitudes. Mais c'est complètement outrageux que la SEULE solution qui soit offerte aux gens en surpoids ou aux gens souffrant d'obésité soit de manger comme un oiseau.

Parce que, devine quoi, tu n'as pas réellement besoin de t'affamer pour maigrir et encore moins pour être en santé.

Je sais, c’est révolutionnaire!

Je vais toujours me souvenir de la première fois où j'ai suivi un plan alimentaire conçu pour me faire gagner en force ; à l'époque j'avais 18 ans et j'avais été consulté un entraîneur qui m'avait (heureusement) bien orienté. Je mangeais plus que je n'avais jamais mangé par le passé et je perdais facilement du gras tout en augmentant ma masse musculaire. Je me souviens d'avoir eu cette épiphanie : "Je suis CENSÉE manger à ma faim!" Et c'était FACILE de manger santé en mangeant AUTANT. Mon corps avait tous les nutriments et calories dont il avait besoin.

Alors tout ce que je croyais connaître de la nutrition était un gros mensonge. Il ne s'agissait pas de manger le moins possible et de brûler un max de calories : il s'agissait de manger plus des BONS aliments et de ne jamais accepter de se laisser mourir de faim, physiquement ou mentalement.

Je me suis demandé pourquoi autant de femmes avaient PEUR de manger davantage? Pourquoi bon nombre d'entre elles étaient réticentes à augmenter leur apport calorique vers quelque chose de plus scientifiquement censé, mais totalement partantes à suivre une diète stricte ou un régime-choc qui était bien trop aggressif?

 

Tout droit vers le trouble alimentaire

Tu crois peut-être que tu as besoin de la diète la plus stricte qui soit et que si CETTE FOIS tu as assez de volonté pour la suivre, tu vas entrer dans la paire de pantalon de 6 tailles plus petites que la grandeur que tu fais actuellement que tu as acheté pour te motiver.

En pratique, accomplir ça, tu le sais autant que moi  : c'est difficile. Très difficile. Mais ce n'est pas un manque de volonté ou de détermination qui te ramène toujours à la case départ.

Que penses-tu qu'il se passe quand ton corps est forcé de composer avec MOINS de calories dont il a besoin pour fonctionner au quotidien?

Tu perds du gras? Un peu, oui, mais ne sois pas dupe : ton corps est bien plus intelligent que toi.

Les fins mécanismes de survie du corps humain sont impressionnants. À un point tel qu'en période de famine, il fera tout pour te pousser à manger en plus de décélerer la vitesse à laquelle tu brûles des calories et de s'accrocher solidement à ses réserves de graisses.

Perdre du poids…uniquement pour le reprendre (et même en reprendre un peu plus) par la suite? Oui, ce phénomène-là est bien réel et porte un nom scientifique : l’adaptation métabolique. Tu peux d'ailleurs lire sur ce qui se produit exactement dans ton corps quand tu l'affames en consultant ce blog

Tu ne gagneras jamais en jouant à ce jeu-là contre ton corps.

Pourtant, je vois encore et encore dans la pratique de mon métier d'entraîneure de nombreuses femmes qui vont chercher de l'aide pour perdre du poids (et qui investissent souvent de GROS montants d'argent dans le processus) qui sont MAL guidées. Des femmes en surpoids à qui ont présente ironiquement un budget calorique qui nous alarmerait dans le cas d'une personne mince. Des femmes qui pensent qu’elles ne sont pas valables parce qu’elle ne réussissent pas à suivre ces diètes hyper-basses en calories.

Mettons les pendules à l’heure : que tu sois en surpoids ou pas, personne ne peut suivre ce genre de diètes-là. C’est contre-nature.

La question est : pourquoi est-ce que ce genre de pratique existe-elle encore? Pourquoi est-ce que des gens vulnérables qui ont tout simplement besoin d’aide n’ont pas la possibilité d’en obtenir? Pourquoi est-ce que ces personnes sont encouragées à foncer tout droit dans un mur?

Tu t'es déjà retrouvée la tête dans le frigo, juste en quête furieuse de quelque chose (sans trop savoir quoi) pour te REMPLIR. T’es tu déjà retrouvé à t’empiffrer sans savoir pourquoi ni comment t’arrêter? As-tu déjà pleuré de honte et de désarroi en te disant que jamais TOI tu n’y arriverais? As-tu déjà refusé de participer à un souper entre amis parce que tu avais une peur bleue de ne pas pouvoir compter tes calories et gérer le contenu de ton assiette?

C'est déconcertant qu'on pense que parce qu'une personne a du gras à perdre que ça la rende immunisée à développer un trouble alimentaire. Comme s'il n'y avait que les personnes minces qui pouvaient en souffrir! Le trouble alimentaire est une maladie mentale qui ne se voit pas toujours en surface : elle n'a pas de visage ou de poids et peut toucher tout le monde.

Les personnes qui ont plus de poids à perdre peuvent elles aussi développer un trouble alimentaire ou un trouble de dysmorphie, qu’on se le tienne pour dit. Arrêtez de prescrire à des femmes adultes des « plans alimentaires » qui ne fournirait même pas assez de calories à une fillette de 12 ans. C’est néfaste.

Et non, il n’est pas bénéfique pour celles qui visent à perdre 50, 75, ou 100 lbs de manger 3 fois trop peu. Tu ne devrais pas sur-compenser pour les années où tu as cumulé les kilos. Au contraire, tu devrais avoir une approche encore plus en douceur et en équilibre que quiconque : parce que ton but à toi, tu vas uniquement l’atteindre si tu maintiens le navire à flot. La route sera plus longue et turbulente pour toi, c’est vrai, et c’est pourquoi tu dois penser à la façon dont tu vas réussir à ne pas abandonner.

Certes, tu vas devoir te trouver dans un déficit calorique si tu veux réduire ton tour de taille (on te conseillle de viser à te trouver dans un déficit calorique de 15% calculé à partir de ta dépense énergétique jouralière), mais ça ne devrait jamais être si démesuré que ta qualité de vie en est affectée ou bien que ta santé mentale est menacée.

Tu peux avoir du succès dans l'adoption d'habitudes alimentaires plus saines. Si ton objectif est une perte de poids, ça va te prendre quelqu'un qui est véritablement de ton côté et qui comprends que l'objectif n'est pas de faire baisser le chiffre sur la balance le plus rapidement possible, mais bien de s'assurer que ton poids baisse et que ton équilibre de vie augmente. 

Voici 3 conseils super simples que je veux te donner : 

1. Tu ne devrais JAMAIS ressentir une faim physique insoutenable. Si on te dit que c'est "normal" que tu sois physiquement affamée, trouve-toi un(e) autre professionnel(lle) pour t'assister dans tes objectifs. La faim physique stimule les comportements extrémistes, les fringales en plus de réduire ton niveau d'énergie. De surcroît, manger santé est censé augmenter ta qualité de vie, pas le contraire. Tu ne peux juste PAS associer santé et faim : ça ne va pas ensemble, point.

2. Avant de compter tes calories, apprends à différencier les différents groupes de macronutriments (protéines, glucides, lipides) et à faire des combinaisons d'aliments en respectant des ratios qui font du sens pour TOI. Un bon ratio de départ est de viser à diviser tes repas et collations selon un ratio de 40% de glucides, 40% de protéines et 30% de lipides. Le type d'aliments que tu manges a un bien plus grand impact sur comment tes hormones se comportent et sur ton taux de gras que les calories uniquement. 

3. Au lieu d'éliminer des aliments ou de restreindre tes quantités, pense plutôt à INTÉGRER de nouveaux aliments sains ou une nouvelle habitude santé. Si tu te trouves dans un perpétuel environnement négatif axé sur tout ce que tu n'as pas le "droit" de manger, la transition vers un mode de vie sain va être difficile à vivre et tu risques de te sentir rapidement dépassée. Par contre, à l'inverses, en misant sur les bons coups que tu ajoutes à ton quotidien, tu vas te trouver à être bien plus motivée et enthousiaste à l'idée de manger plus santé.

Alors, par où commencer? Envoie-nous tes questions à infos@inabarbelleworld.com ou consulte la méthode alimentaire flexible valide à vie de Barbelle.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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