Pour la dernière fois, l'allaitement n'est pas une technique de perte de poids

19 Juillet 2019 | Anne-Marie Gobeil

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Quand j’étais enceinte, parce que j’ai continué à être active, beaucoup de gens m’ont dit que j’allais « rebondir hyper rapidement » ou que « je retrouverais mon corps d’avant ». Et honnêtement, ne sachant pas trop à quoi m’attendre, j’avoue que j’y croyais.

Comme je dis : je ne savais pas à quoi m’attendre.

Quand j’ai commencé à parler du fait que j’avais l’intention d’allaiter, le commentaire qu’on m’a le plus servi est :

« C’est bon ça, allaiter va te faire perdre ton poids vite! »

Ou encore :

« Une chance pour toi, tu allaites, ça va être facile de perdre du poids! »

Et oui, j’ai perdu du poids vite au début. À peu près 25 lbs dans les jours qui ont suivi la naissance de Viktor.

Mais plus maintenant. Au fait, mon poids n’a pas bronché depuis des semaines, même si je suis de retour à mes bonnes habitudes et un semblant de routine rigoureuse d’entraînement.

Mais, au fait, ça vient d’où cette obsession de me jaser perte de poids à le seconde où le mot « allaitement » me sort de la bouche?

Beaucoup de femmes sont confuses quand ça leur arrive parce qu’elles pensaient fondre comme neige au soleil en allaitant. Je n’ai pas perdu grand chose moi non plus : girl, il n’y a rien qui cloche avec ton corps et tu es tout à fait NORMALE.

J’expliquais à une maman dans notre groupe de soutien qu’allaiter vient également avec un lot de changements hormonaux qui, comme durant la grossesse, force ton corps à s’attacher férocement à ses réserves de graisses (surtout exactement là où ça choque le plus, aka, les cuisses, les fesses, le ventre) pour ne pas compromettre la nutrition de bébé. Allaiter, ce n’est pas une technique de perte de poids ou une façon de créer un déficit calorique, oh que non!

Allaiter exige entre 400 et 600 calories par jour, c’est vrai. Mais ce qui est important ce n’est pas d’utiliser ce chiffre pour perdre du poids, mais bien pour te motiver à utiliser la nourriture comme carburant pour soutenir ta production et assurer ta vitalité à toi aussi.

Produire du lait est exigeant pour ton corps. L'autre soir, après une journée où Vik, grisé par ses gencives qui le travail et le tiraille, avait bu bien d'avantage qu'à son habitude pour se réconforter, je confiais justement à mon amoureux que ces séances d'allaitement supplémentaires avaient le pouvoir de me vider de toute mon énergie.

Ton corps, il travaille fort, ce n'est pas le moment de lui couper les vivres.

Je n’ose même pas imaginer quel genre de résultat explosif donnerait un cocktail de manque de sommeil, de fluctuations hormonales, d’essayer de comprendre la nouvelle maman que tu es et ton nouveau bébé auquel tu ajoutes en plus des restrictions alimentaires. Thank you, next!

Il y a plusieurs erreurs que je vois des femmes, trop pressées de retrouver leur poids "d'avant-bébé", commettre au détriment de leur production de lait. Voici 3 bévues courantes que tu peux éviter : 

 

1. Ne pas augmenter ton apport calorique pour accomoder ta production de lait 

Ici, je parle de considérer le nombre de calories qu'il est nécessaire à ton corps pour produire du lait (400-600 calories journalièrement) comme une façon de créer un déficit qui mène à une perte de poids.

On a toutes très hâtes de perdre du poids post-bébé, je comprends. On a toutes hâte de se sentir "soi" dans son corps à nouveau, de reprendre le contrôle, d'aimer ce qu'on voit dans le miroir.

En augmentant tes calories journalières avec des aliments sains, complets et naturels, tu ne te nuit pas : tu assures de livrer tous les nutriments essentiels dont ton corps a BESOIN pour maintenir ta production de lait. Quand tu allaites, tu ne vas pas "prendre plus de poids" parce que tu manges davantage, mais tu dois aussi accepter qu'il se peut bien que ton corps s'accroche à ces 5-10 lbs de gras férocement pour produire ton nectar des dieux, aka le lait maternel qui fait grandir et maturer bébé un peu plus chaque jour.

Laisse tomber les attentes irréalistes et ne soit pas si dure sur toi : en attendant d'atteindre tes objectifs physiques, tu peux bénéficier de tous les avantages d'une alimentation saine et en faire proditer bébé.

 


2. T'entraîner à trop haute intensité ou trop fréquemment 

Je suis coupable de parfois me pousser trop fort au gym ou du moins d'essayer de me pousser aussi fort qu'avant d'être enceinte. Souvent, c'est pas accident ; je ne me rend pas compte sur le moment que j'en ai fait "trop". 

À chaque fois que je dépasse ma limite, je paie toujours le prix fort et ma production de lait aussi. C'est quasi immédiat : au lendemain d'un entraînement intense et hyper exigeant, je peux sentir que m

Ne me prends pas au pied de la lettre ici : bouger est absolument encouragé. Retourner au gym ou recouvrer tes entraînements à la maison aussi à un certain stade (soit après avoir obtenu le feu vert de ton médecin et avoir entrepris des mesures pour guérir ta diastase et ré-éduquer ton plancher pelvien). 

Mais, à défaut d'un meilleur terme, te "tuer à la tâche" au gym n'est pas une avenue intelligente ou profitable.

Ton corps requiert beaucoup d'énergie pour produire du lait. Jumelé à un manque de sommeil et à un entraînement trop rigoureux, ton corps n'a pas l'opportunité de récupérer adéquatement ou de produire efficacement du lait.
 


3. Couper ou réduire considérablement un groupe d'aliments (ex : les glucides)

Beaucoup (beaucoup) de gens vont essayer de réduire considérablement ou de couper totalement les glucides pour perdre du poids. Alors que les sucres ajoutés et aliments transformés sont définitivement à éviter, les glucides complexes qui regorgent de fibres, de vitamines et de minéraux sont importants, particulièrement pour ta production de lait. 

De nombreuses expertises médicales recommande un apport en glucides qui avoisine les 200 gr par jour pour les femmes qui allaitent.

Si tu es une maman qui allaite et qui est active, tu voudras probablement consommer davantage de glucides que cette recommandation. Les glucides sont utilisés par les muscles comme carburant durant l'entraînement.

 

Quelle est ton expérience avec l'allaitement? As-tu perdu du poids rapidement ou bien as-tu du attendre à après avoir arrêté d'allaiter pour voir ton corps changer?


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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