Dossier : la pillule contraceptive, coupable de ton déséquilibre hormonal ?

20 Septembre 2019 | Anne-Marie Gobeil

DISCLAIMER : 
*Il est important de comprendre que ce blogue n'est pas écrit d'un point de vue scientifique ou médical, mais bien d'un point de vue personnel et qu'il n'adresse aucune critique directe à l'endroit que quelconque entité ou personne.*

**De plus, cet article ne contient aucune informations ou conseils médicaux valides et ne devrait pas être suffisant pour établir ta propre synthèse sur le concept de la contraception dans sa globalité.**
***Tout commentaire négatif ou dénigrant, attaque ou insulte sera immédiatement supprimé et la personne en faute sera bannie sans pré-avis.***

 

Pour commencer, laisse-moi commencer...

J'ai initialement parlé de mon expérience avec la pillule contraceptive dans l'un de mes blogues à l'automne dernier. À nouveau, j'en viens aux explications après avoir reçu de nombreuses demandes via les réseaux sociaux, sur Barbelle - La Communauté concernant mon opinion sur la contraception orale, mais je veux le faire un peu différemment cette fois

Mon histoire avec la pilule contraceptive a commencé tout juste après mes 15 ans. Comme n'importe quelle jeune fille, je voulais m'assurer d'éviter le pire. À l'époque, j'adorais regarder l'émission "16 and Pregnant" sur MTV, mais ça n'allait certainement pas être MA réalité à moi.

La prise de la pilule contraceptive s'imposait comme pas défaut et n'a pas soulevé de tollé ni pour ma docteure, que chez mes amies ou ma mère. La pilule me semblait être une solution rapide, facile et efficace, mais surtout, elle me semblait 100% sécuritaire. Sinon, mon médecin m'aurait avisée du contraire, non?

"Une pilule par jour, tous les soirs, pas plus compliqué", que ma docteur me dit, "Et en plus, ça va aider ton acné!" C'est sans mentionné quoi que ce soit de plus quant aux effets secondaires potentiels qu'elle m'a joyeusement signé une prescription.

La première pilule contraceptive que j'ai prise était relativement basse en hormones comparativement à ce qui se faisait sur le marché - et ce n'est que des années plus tard qu'elle a fait la manchette après avoir été couronnée "la pilule enregistrant le plus de plaintes" parmi les marques disponibles...

Après quelques mois de prise de la-dite pilule contraceptive, par contre, j'ai commencé à faire l'expérience de divers effets secondaires. Certains me plaisaient : à mon grand bonheur mon bonnet est presqu'instantanément passé d'un 36B à un 36D.

Vive l'œstrogène, enh !

Du moins, c'était avant que je comprenne ce qu'un taux estrogénique haut pouvait aussi faire comme ravages dans mon petit corps de femme. Ça, c'était le côté chouette et réjouissant, mais l'apparition de d'autres phénomènes l'était nettement moins...

Le côté plus sombre de la contraception...

Je me rappelle qu'assez rapidement après avoir commencé à prendre la pillule, j'ai commencé à changer en dedans d'une façon que je qualifierais de mystérieuse et effrayante.

Je suis devenue dépressive, très sombre et aussi très anxieuse. J'étais constamment agressive, mais surtout, j'étais excessivement émotive.

Mes symptômes pré-menstruels se sont aussi amplifiés dramatiquement. Je me souviens de plusieurs crises de larmes et de rage extrêmes en période pré-menstruelle. Je suis le genre de personne qui a un caractère bien assumé, mais je suis aussi une personne calme, timide, réservée et aussi globalement heureuse. Je ne suis pas le genre de personne à broyer du noir ou bien à pêter un câble. Et là, je me sentais comme une étrangère dans ma propre tête. 

Mes menstruations ont aussi changé. Soudainement, mes règles avaient raccourci en terme de durée. Au lieu de 5 ou 6 jours, elles duraient maintenant de 2 à 3 jours. J'en consens : on sauteraient toutes de joie si nos règles n'avaient pas à durer aussi longtemps qu'une semaine, mais j'ai toujours trouvé qu'il y a avait quelque chose qui allait contre la Nature dans le fait d'artificiellement impacter notre cycle menstruel...

Jusqu'au jour où j'ai commencé à prendre la pilule contraceptive, ma peau n'était pas ravagée d'acné ; comme toutes les adolescentes (ou presque) je faisais l'expérience de l'occasionnel vilain bouton hormonal à l'approche de mes règles et des petits points noirs aux coins du nez, mais rien de comparable à ce que j'ai vu fleurir sur mon visage en commençant à prendre la pillule. 
Quelques mois après avoir débuté la pilule, ma peau est entrée en rébellion. Des micro-comédons de couleur chair et des boutons cystiques d'acné se sont mis à apparaître le long de ma mâchoire, au niveau de mon menton et aussi sur le bas de mes joues. Je n'avais JAMAIS rien vu de tel sur ma peau et je PANIQUAIS. 

Désemparée, je me souviens d'avoir supplié ma mère de m'aider à acheter des tas de produits anti-acné, en passant par les formules vendues en pharmacies jusqu'aux produits spécialisés dispendieux qu'on pouvait se procurer uniquement sur Internet. Ma maman, toujours prête à m'aider à me sentir mieux dans ma peau (c'est le cas de le dire!) a du dépensé une fortune en soins...mais, rien n'aidait réellement.

À mon rendez-vous annuel chez mon médecin de famille, j'ai évidemment abordé le sujet en espérant qu'on puisse finalement trouver une solution à ce cauchemar qui m'incitait à me masquer le visage avec 3 couches de maquillage chaque matin pour avoir la confiance d'affronter la lumière du jour. 

"Bien, on va te prescrire une pilule contraceptive plus forte!" que ma médecin me rétorque, l'air de rien. 

Pardon ? 

Insistante, je lui répond "Et, on est certaines que ça va marcher?"

Elle me dit qu'elle croit que si. Que la pilule est "faite pour ça". 

Ah, je pensais que c'était pour éviter de gaffer, moi, cette pilule là. Encore jeune et évidemment naïve, je repars avec une prescription en main, cette fois pour une pilule plus forte en hormones...et plus chère aussi. 

Fast-foward, nous sommes maintenant l'année suivante, j'ai presque 17 ans et jamais je n'ai été aussi mal en point. Ma peau est pire que jamais, mes SPM sont puissants, mes seins sont énormes et de surcroît, je me fais cataloguée comme une "folle" par bon nombre de mes anciennes flammes. Mais au moins, je n'ai toujours pas de petite crevette qui grandit en moi. 

Vient mon rendez-vous annuel et à l'instar de l'année précédente, j'implore ma médecin pour une solution. Je veux redevenir moi-même et retrouver mon corps, mais surtout ma tête. 

"Essayons cette pilule-là, cette fois", me dit-elle. "Elle est conçu pour les femmes qui ont des cycles difficiles et de l'acné sévère."

Je te laisse deviner qu'il s'agissait d'une pilule encore plus dosée que la précédente. 

"Tu n'as peut-être juste pas trouvé la BONNE pilule pour toi encore" renchérit-elle.

Cette fois, enragée et insultée, je quitte son bureau avec une troisième prescription à la main et priant le ciel que cette fois soit la bonne. "Jamais deux sans trois", me dis-je, mi-ironique et mi-désespérée. 

Cette pilule-là, elle m'a procuré les PIRES effets secondaires possible. Quinze jours après le début de cette troisième pilule contraceptive, j'ai déjà pris 9 lbs et une colonie de boutons d'acné cystiques a établi son campement sur l'ensemble de mon visage. Inutile de dire que je PANIQUE. J'accours à la pharmacie où j'exige qu'on fasse changer ma prescription. Je retourne à ma pilule initiale, celle moins dosée et je rumine contre ma docteure. 

Le temps passe, et les choses redeviennent un peu à la normale; c'est à dire avec un peu moins d'acné, mes seins enflés, mes sautes d'humeur et mes SPM terribles. 

Hormones Inc.

Je trouve quand même fou que personne ne nous parle d'hormones, ou même de cycle menstruel. Et je veux dire par là que ce serait bien d'en parler autrement que de la façon hyper embarrassante et stérile dont on l'aborde dans un cours de sciences secondaire 3 devant toute la classe qui pouffe de rire aux mots "vagin" et "trompes de Fallope". 

L'accès à l'information est réellement difficile, je trouve. Et bien franchement, si on s'assurait que chaque jeune fille comprennent que c'est important de se préoccuper de ce qui se passe au sous-sol, if you know what I mean, si on leur laissait savoir que c'est COOL d'avoir sa santé à coeur,  chacune d'entre elles chercheraient des réponses à leur questions plutôt que d'acquiescer sans broncher quand on leur tend leur première prescription pour la pillule contraceptive. 

Mais pour est-ce que personne ne veut donc pas nous expliquer comment notre corps de femme est "censé" agir naturellement ni comment il réagit quand on empêche Dame Nature de faire son oeuvre? 

Et si je te disais que les hormones dans ton corps sont au coeur de tout ce qui s'y produit? Les hormones sont comme un mode d'emploi. La marche à suivre. Tes hormones sont les directives reçues par tes organes, leur ordonnant de se comporter d'une façon précise. Tes hormones dictent énormément de choses et ont des effets sur ton comportement, ton apparence, ta fertilité, ton appétit, tes capacités, ton métabolisme, la qualité de ton sommeil...entre autres!

Tes hormones sont aussi conçues pour être en équilibre, et cet équilibre est fragile. Lorsque quelque chose vient le troubler, ton corps peut naturellement se révolter. 


Ce qu'il faut comprendre des hormones sexuelles du corps de la femme, en bref :

- La femme produit de l'œstrogène naturellement via ses ovaires. La production d'œstrogène dans le corps d'une femme est nettement supérieure à la production de testostérone. 

- Le corps cherche l'équilibre ; si le taux d'œstrogènes est trop haut, pour s'auto-balancer, le corps voudra produire plus de testostérone.

- La testostérone peut occasionner l'amplification d'effets androgènes chez la femmes comme la pilosité et l'acné. 

- La pilule induit artificiellement une dose d'hormones dans le corps pour qu'il en résulte la contraception. Ceci a inévitablement des effets sur la balance naturelle entre les hormones oestrogène et testostérone.


La première fois que quelqu'un m'a mise en garde contre la pillule contraceptive, c'était dans le bureau de mon tout premier entraîneur. Je venais tout juste de commencer à m'entraîner et à manger sainement, mais j'avais besoin de structure et d'un bon plan de match !

Viens la première consultation. Assise dans son bureau, il me pose une panoplie de questions concernant mes habitudes de vie et ma santé globale. Surgit une question qui me prend un peu par surprise : "Prends-tu la pillule contraceptive?" Moi de répondre en bafouillant, un peu mal à l'aise en me disant que ça n'a RIEN à voir avec l'entraînement : "Euh...ben, oui!"

Tu te souviens quand je t'ai parlé plus haut de ce que la pillule FAISAIT vraiment. Oui, le bout où je t'expliquais que tout type de contraceptif (à l'exception du stérilet de cuivre) induit une dose d'hormones artificielles dans ton corps. Eh bien, ça, je ne le savais pas avant que ce même entraîneur m'en parle lors de cet entretien.

Je dirais que c'est vraiment à cet instant que tout s'est mis à cliquer dans mon esprit : plus d'œstrogènes, plus de testostérone, plus de dérèglements, plus de sautes d'humeurs, plus d'acné. Comment ça se fait que mon propre médecin de famille ne pouvait même pas m'éclairer là-dessus ? J'étais scandalisée, pour le moins. 

Et si l'arrêt de la pilule contraceptive et le retour au naturel était ce qu'il me fallait? Après tout, si chaque personne a un taux de production d'œstrogènes et de testostérone génétiquement unique, en quoi était-il logique que je viennes y foutre la pagaille? Et si ma réponse à moi, c'était moins d'hormones, tout simplement.

La pilule est relativement sécuritaire, et la plupart des femmes la prenant ne feront jamais l'expérience des effets secondaires graves y étant mentionné. Par contre, je pense que beaucoup de femmes endurent malheureusement des effets négatifs mineurs au quotidien, qui au fil du temps, peuvent potentiellement devenir intolérables comme ceux dont je faisais l'expérience. Je n'imposerai jamais mon opinion face à la prise de la pilule à qui que ce soit, pas même à ma future fille quand elle sera en âge de choisir ce qui lui convient au niveau de sa contraception, et je ne prendrai jamais le camp du pour ou du contre, mais j'aimerais qu'on fasse, en tant que communauté de femmes, l'effort de demander d'être mieux informées. 

On se fait prescrire la pilule contraceptive comme des bonbons et on a droit à un regard réprobateur de la part de notre médecin quand on lui dit, comme je l'ai fait, qu'on a cessé de prendre la pilule il y 5 ans de ça. 

Les méthodes alternatives de contraception

C'est un peu drôle à dire, mais je reçois souvent (vraiment SOUVENT) des messages de femmes qui me demandent ce que MOI j'emploie comme méthode de contraception. Alors que perso, je trouve que c'est un peu personnel, je suis toujours partante pour éclairer la lanterne de quelqu'un. J'ai figuré que j'allais en parler ouvertement ICI une bone fois pour toute pour les besoins de la cause. Voici donc, en grande primeur, mes méthodes de contraception préférées...juste parce que vous l'avez demandé! 

Le préservatif

Efficace à 95%, il est ma méthode par excellence et ne désappointe pas ! Condom for president !

L'abstinence anticipée

Je ne sais même pas si le nom que j'ai attribué à cette méthode est correct, mais dans ma réalité à moi, ça correspond à suivre l'évolution de ton cycle menstruel normal (j'utilise personnellement l'application mobile Flo) et à identifier les jours où tu es fertile (généralement les jours 10 à 16 d'un cycle menstruel de 28 jours) et où tu t'abstient d'avoir des rapports non-protégés (ou des rapports tout court) versus les jours où ta probabilité de tomber enceinte est très faible.

Ce n'est définitivement pas une méthode que je recommanderais aux gens qui veulent à TOUT PRIX prévenir une grossesse. Certains couples sont à l'aise avec le fait de faire face à la possibilité de tomber enceinte et sont prêts à prendre le risque, alors que d'autres ont besoin d'une méthode plus blindée et dans les deux cas, c'est totalement correct. 

Le kit d'ovulation

En vente dans les pharmacie et même sur Amazon, les kits d'ovulation te permettent de prendre ta température interne afin de monitoire quand tu ovules et quand "le champs est libre". Encore une fois, il ne s'agit pas d'une méthode qui offre un taux d'efficacité 100% éprouvé, parce qu'avec le corps humain, la Nature et la fertilité, tout est possible, même les miracles et les choses qui ne sont pas "censées se produire". Encore une fois, vaut mieux en discuter avec son partenaire afin d'en assumer mutuellement les risques.

Le stérilet en cuivre

Le stérilet en cuivre ne contient pas d'hormones pour assurer la contraception. Je n'ai pas d'expérience personnelle avec un stérilet, car honnêtement, ils ne m'attirent pas et me font un peu peur, alors j'imagine que tu devra puiser de l'information relativement à cette méthode via d'autres femmes que moi et évidemment consulter un(e) professionnel(le) de la santé. 


 

La contraception a donné des ailes aux femmes qui ont voulu prendre le contrôle de leur sexualité il y a une cinquantaine d'années, mais j'ose espérer que dans le futur, on saura respecter cette libération assez pour mieux les informer des méthodes alternatives de contraception. 

J'ai raconté mon histoire ; maintenant, c'est à ton tour. Si tu as vécu une expérience personnelle avec la prise de contraception que tu aimerais partager, je t'invite à le faire dans les commentaires ci-bas. 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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Annie
20 Septembre 2019
J’ai jamais accepté de prendre une pilule contraceptive après. Bah, c’est faux, après avoir eu les seins comme des ballons souffrants durant 3 mois. J’ai arrêté ça! (Il y a 8 ans de ça.) Sachant les effets secondaires graves comme: risque d’embolie pulmonaire et compagnie .. jamais je voulais en prendre. MAIS, il y a une semaine, j’ai recommencé ça... après des années de souffrance a cause de l’endometriose. La solution est que j’arrête detre menstru. Alors, pilule en continue. RÉSULTATS?!?! En 8 jours, j’ai pris 3 livres. J’ai des boutons comme JAMAIS. Je braille comme une femme enceinte. Décourageant ????