Je suis une diète et j'ai perdu mes règles, est-ce normal?

08 Septembre 2019 | Anne-Marie Gobeil

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Dans les cinq dernières années, mon corps a traversé tellement de saisons différentes.

J’ai été complètement sédentaire, party-girl typique qui sortait dans les bars du mardi au dimanche. Puis je suis devenue une athlète Fitness de niveau national très (très) disciplinée.

J’ai accroché mes talons (je parle des chaussures de compétition, bien sûr!) et troqué mes maillots scintillants pour un mode de vie plus axé sur la performance que sur mon apparence.

Évidemment, plus récemment, j’ai traversé une grossesse et je suis devenue maman.

Quand je regarde mon corps dans le miroir, je vois tellement d’histoires. Tellement de phases, d’expérimentations et de transitions. Tellement d’abus de toutes sortes, certes, mais aussi tellement d’amour.

Je dis souvent qu’il m’a fallu touché le fond du baril pour comprendre la valeur de ma santé interne et externe. Pour vraiment me mettre à faire passer mon bien-être avant tout le reste. Ça semble comme une chose logique, mais c’est tellement plus difficile à faire qu’à dire.

Les tentations sont partout : « diète pour faire fondre les graisses rapidement » ici, « cure de jus pressé pour réduire la taille » par là. Des méthodes certainement prometteuses, mais trop souvent destructrices.

Cette semaine, sur les médias sociaux, j’ai reçu un message d’une jeune femme qui disait suivre une diète stricte et qui avait depuis, perdu ses menstruations. Elle me demandais si c’était normal, car son entraîneur lui avait affirmé qu’il n’y avait pas de soucis à se faire.

Alors que ça peut sembler un véritable rêve devenu réalité de ne plus avoir à saigner à tous les mois, ce n’est pas anodin ni normal de perdre son cycle menstruel en réponse à un mode de vie qui se veut « sain ».

Je comprends, parce que j’ai déjà perdu mes règles à cause d’un régime trop restrictif, moi aussi. Du temps où je faisais des compétitions Fitness j’étais, comme je le mentionnais plus haut, excessivement disciplinée…trop disciplinée.

Obsédée par le désir de me démarquer des autres candidates, d’avoir un taux de gras le plus bas possible et des muscles saignants. Seigneur, ce genre d’ambition déraisonnable là, ça m’a presque mis sur la glace pour de bon!

J’ai perdu mes menstruations durant les trois derniers mois de ma préparation sportive pour deux de mes compétitions Fitness. Pour atteindre mes objectifs, je mangeais 1200 calories et je m’entraînais en cardio et en musculation au moins deux fois par jour.

Je ne me rappelle pas en avoir vraiment discuté avec quiconque, sauf mes amies qui faisaient elles aussi des compétitions Fitness, avaient elles aussi perdu leurs règles et mangeaient aussi peu que moi. À l’époque, j’avais 21 ans.

Je savais éperdument qu’un tel mode de vie était détrimental à ma santé, mais j’avais si peur de décevoir mon coach et les gens qui me suivaient sur les médias sociaux. Je ne voulais pas être perçue comme « faible » ou comme une lâcheuse si je m’opposais à ces méthodes.

Je ne blâme pas entièrement les compétitions Fitness ou les diètes que je suivais : c’était MON choix. Personne ne m’avait forcé ou tordu le bras.

Mais tout de même, personne ne devrait soutenir que c’est normal ou anodin de perdre son cycle. Même pour un ou deux mois : tu n’as pas idée du tsunami de turbulences hormonales que cela peut engendrer dans ton corps durant les mois et les années qui s’en suivent.

 

Pourquoi certaines femmes perdent leur cycle menstruel quand elles s’entraînent?

La disparition du cycle menstruel chez les femmes très actives est un problème préoccupant dont les conséquences à long terme sont mal connues.

Le terme médical pour cette absence de cycle menstruel est « l’aménorrhée de la sportive » et se manifeste en réponse à la pratique d’un sport exigeant, un niveau de stress physique élevé, une insuffisance des tissus graisseux ou un apport calorique trop restreint.

Ce type d’aménorrhée serait jusqu’à 20 fois plus présent chez les sportives que tout autre groupe de femmes.

On observe aussi souvent un manque d’oestrogène chez les athlètes et femmes actives qui souffrent d’aménorrhée, fait qui supporte que l’entraînement en excès et une diète trop pauvre en calories mène à un désordre hormonal dans tout le corps.

 

Quoi faire si tu es touchée par l’aménorrhée de la sportive ?

Premièrement, sache que tu n’es pas seule et que ton corps n’est pas anormal ou brisé. Ton corps réagit, tout simplement. Ton corps sonne le signal d’alarme et veut ton attention pour te laisser savoir que quelque chose cloche.

La bonne nouvelle, c’est que si tu lis ce blogue, tu as probablement choisi de l’écouter, ton corps plutôt que de le mettre en sourdine et de faire à ta tête. Tu as déjà pris un énorme pas dans la bonne direction.

Je ne suis évidemment pas médecin et je n’ai pas les connaissances ou l’autorité nécessaires pour poser un diagnostic. Alors avant de sauter aux conclusions, fais-toi évaluer par un médecin. Généralement, en cas d’aménorrhée, un test de grossesse, des prélèvements sanguins et parfois une échographie seront prescrites pour établir un diagnostic.

L’aménorrhée est généralement réversible, à condition de changer ses habitudes.

L’alimentation équilibrée et l’exercice font partie d’un mode de vie sain, mais les méthodes utilisées pour atteindre un objectif physique ambitieux sont parfois trop drastiques ou extrêmes.

As-tu besoin de modérer ton apport calorique journalier pour perdre du poids? Définitivement! As-tu besoin de couper entièrement TOUS les glucides, de ne boire que des shakes de protéine et d’avoir très faim pour voir des résultats? Absolument pas!

Après avoir perdu mes règles durant 3 mois, la première chose qui m’a aidé à retrouver mon cycle rapidement est l’augmentation de mes calories, de mes glucides et recouvrer un taux de gras normal et sain pour mon corps.

Je sais à quel point c’est épeurant d’augmenter son apport calorique quand on a été endoctrinées à croire qu’il faut manger le moins possible pour être en forme, mais c’est réellement nécessaire.

 

Quelques conseils :

- Le stress, qu’il soit physique ou psychologique, nuit à la production de progestérone dans ton corps, une hormone hautement importante pour l’équilibre féminin, ta fertilité et ton cycle menstruel.

- Troquer l’entraînement purement cardiovasculaire pour l’entraînement musculaire fera des merveilles pour tes hormones.

- Intégrer de bons gras comme de l’huile d’olive, de l’avocat, des graines de lin, des noix dans ton alimentation favorise l’équilibre hormonal.

- Assure-toi de consommer au moins 100 gr de glucides par jour. C’est un seuil minimal.

- Augmente tranquillement tes calories pour rétablir l’équilibre au sein de tes hormones ; si tu manges trop peu, ton corps se protègera des besoins énergétiques d’une éventuelle grossesse en supprimant l’ovulation/le cycle menstruel.

 

 

 

 

 


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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