Utiliser ta force sous sa version la plus pure

05 Février 2020 | Anne-Marie Gobeil

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J’ai réalisé que ma force, la vraie, sa version la plus authentique et pure, se situe juste entre ma capacité à trimer dur et celle qui me permet de lâcher prise.

Ma force, ce n’est pas juste ce que je fais qui est « difficile », qui me fait suer, hurler, pleurer et grogner. Lâcher prise est parfois l’oeuvre d’une force monumentale.

Et j’imagine que ce n’est que récemment que j’ai appris à reconnaître et honorer la partie de moi qui REFUSE de doubler d’ardeur, d’en faire plus, comme une partie extrêmement puissante de ma personne.

Morpher en une version de moi qui n’adhère plus au concept d’être toujours celle qui se bat pour être la meilleure, celle qui se définit par ses accomplissements ou qui vit en quête de perfection, c’est dur. C’est douloureux. C’est insécurisant.

Mais c’est aussi la SEULE façon de me repentir, de préserver mon énergie, de rester bien alignée.

Tu vois, être forte, ce n'est pas juste être physiquement et mentalement, par définition, "forte". Laisse moi m'expliquer : 

Par le passé, j'avoue n'avoir accordé mon attention (et mon respect!) aux parties de moi-même qui étaient visiblement fortes :

- Mon corps musclé et endurant
- Mes records de force sur certains exercices
- Mon caractère
- Ma détermination, ma drive
-
Mes réalisations professionnelles
- Ma capacité à maintenir un horaire de fou, balancer ma famille et mon emploi, malgré la fatigue

En hyper-valorisant les manifestations de la force qui étaient produites de façon difficile, à coup de nombreuses gouttes de sueur qui perlent sur mon front, de muscles endoloris et de travail assidu jusqu'à très tard le soir, je n'avais pas de place pour développer toutes les parcelles sombres de ma force, celles qu'on ne voit jamais quand on regarde quelqu'un.

C'est un peu comme sur-entraîner un muscle : il devient bien trop gonflé en comparaison au reste de ton corps. Et c'est cette dominance qui créer des inégalité et qui devient ultimement une énorme faiblesse.

Ma force ne s'est jamais limitée aux manifestations visibles et qui correspondent à ce qu'on valorise en tant que société : le fait de travailler sans s'arrêter, de courir vers ses objectifs sans jamais s'arrêter pour respirer, détruire absolument tout ce qui se dresse sur notre chemin, être dure, robuste, indépendante, tough. 

Ma force, c'est aussi ce qui ensemence ma capacité à vivre mes émotions plutôt que de les refouler, même si la manifestion visible de ce pouvoir caché est une crise de larmes.

Ce que tu vois, ce sont mes sanglots. Mais ce n'est pas faible de ne pas fuir les choses qui me font mal et de me livrer à cette douleur ; ça exige une grande force et beaucoup de compassion pour soi-même.

La force c'est aussi lâcher prise. C'est laisser aller les choses qui ne sont alignées avec soi, qui exigent trop d'énergie sans rien offrir en retour et qui nous font sentir lourde, vide ou inadéquate.

C'est s'ouvrir, montrer tout ce qui est "laid", se reposer, ne pas rencontrer les standards de performance, mettre la barre moins haute, prioriser son bonheur.

Je pense qu'on aime naturellement penser qu'il existe toujours deux clans, deux pôles, et qu'on doit faire un choix. C'est plus simple de vivre dans une extrême ou dans une autre : soit tu es forte, soit tu es faible. Ce qui est ironique c'est qu'être femme, c'est de vivre en presque équilibre, telle une artiste de cirque qui se balance sur un fils d'acier, entre ces deux extrêmes. C'est se balancer à des altitudes vertigineuses, en proie au vide dans lequel on pourrait sombrer si on perd pied, gardant la tête haute juste parce qu'on n'a pas d'autre choix. 

Ce qui est difficile à accepter au début, c'est que tu peux vivre dans cette zone grise pleine de contradiction. Il te faut accepter que ta force pure prendra diverses formes et ne se présentera pas toujours comme tu l'imagines.

Être une femme forte, c'est accepter de vivre dans un paradoxe. De porter deux chapeaux différents tout le temps. D'être plus fluide et moins facile à catégoriser.

La quête vers la vraie force devient accessible quand tu commences à la chercher dans les parties les plus vulnérables de toi-même.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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