Comment te débarrasser de la culpabilité alimentaire

28 Avril 2020 | Anne-Marie Gobeil

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Comment faire pour arrêter de culpabiliser quand je mange un repas « moins santé » ? 

Telle est une question qui a été posée dans notre groupe de soutien spécial du DumbbellQueen la  semaine dernière.

Il n’a fallu que quelques minutes pour que des dizaines d’autres femmes emboîtent le pas à celle qui avait cette préoccupation vis-à-vis son alimentation. La majorité des femmes partagent de manière général ce sentiment de culpabilité brûlant vis-à-vis un ou plusieurs aliments jugés « mauvais » ou « interdits ».

Je crois personnellement qu’à cause de la société très axée non seulement sur la minceur, mais aussi sur la performance et la productivité, qu’on attend de soi-même un niveau de discipline si surhumain qu’il suffoque notre désir de goûter, de prendre plaisir, de vivre. Mais s’imposer une telle rigueur en tout temps n’est pas seulement irréaliste, mais aussitôt dommageable au

 

Les « bons » et les « mauvais » aliments

Ce n’est pas d’hier qu’on nous enseigne de catégoriser les aliments dans deux paniers différents : il y  les bons aliments et les mauvais aliments.

La vérité ? Les aliments sont neutres. Il ne sont ni « bons » ni « mauvais ». Ce ne sont que des aliments, de l’inanimé. Les végétaliens considèrent les produits animaux comme « mauvais » et les aliments végétaux comme « bons ». Les gens suivant une diète cétogène redoute les glucides et favorise les graisses. Ceux qui adopte une alimentation naturelle identifient les produits biologiques comme « bons » et les produits sur lesquels sont utilisés des pesticides comme « mauvais ».

Mon point est qu’il existe de nombreuses manières d’interpréter le mot « santé » et de catégoriser les aliments. Est-ce qu’il existe une définition universelle du mot « santé » ?

Oui, il y a des aliments qui sont nettement supérieurs quand il est question de nourrir ton corps et de lui fournir tous les nutriments dont il a besoin. Des aliments qui vont servir ton corps sur le plan biologique, point, Ceci étant dit, il existe aussi des aliments, moins nutritifs, qui sont délicieux et que tu as amplement le droit d’apprécier avec chacune de tes papilles gustatives malgré ton désir d’être en santé et en forme.

Manger sainement ne devrait jamais être si rigide qu’il n’y a aucune place dans ton mode de vie pour ta vie sociale ou encore aucun répit pour ta santé mentale. Les repas glorieux en famille, les soupers qui sortent de la routine qu’on se cuisine à deux, les soirées gourmandes entre amis ou même celle qu’on passe en tête à tête avec soi-mêmes et son met favori, ils ont lieu d’être et un rôle à jouer dans ton aptitude à être équilibrée sur le long terme.

Les gens les plus en santé ne sont pas ceux qui ne « trichent » jamais (perso, je ne crois même pas que ce type d’humain existe. Ceux qui prétendent toujours manger santé sans jamais déroger de leur routine stricte mentent, tout simplement) è ce sont les gens équilibrés physiquement et mentalement qui sont le plus en santé de manière globale et durant plus longtemps.

Certes, avoir une feuille de route quasi parfaite sur le plan de la nutrition soutient ton corps physique, mais les chances qu’une telle quête de la perfection et du contrôle laisse des traces néfastes sur ta santé mentale sont élevées.

 

Le concept du mérite

Oui, tu dois être disciplinée et constante pour être en santé. Ce n’est pas en restant assise sur le divan tous les jours que tu vas le devenir, même si tu le souhaites très fort. Mais en même temps, c’est complètement faux de penser que tu « mériter » les aliments moins « santé » que tu manges, sans quoi, il s’agit d’un péché nutritionnel impardonnable qui va te ramener à la case départ.

Premièrement, une fois que tu as entamé ton parcours santé, même si tu n’en es qu’aux premiers pas, tu ne retournes jamais (jamais) à la case départ. Tu ne perds pas soudainement tous tes beaux efforts *juste* à cause du burger et du sundae que tu as mangé vendredi dernier.

Plus important encore, le but de l’entraînement ne devrait jamais être de réaliser une dépense calorique qui va nous déculpabiliser de « manger ». L’entraînement fait tellement plus que ça pour toi! Ne te laisse surtout pas distraire et passer à côté de tout ce corps et ton esprit peuvent réellement accomplir de positif par le biais de l’activité physique.

Manger ne devrait pas être culpabilisant au point que tu sens que tu n’as pas « le droit » de manger telle chose à moins d’avoir passé deux heures à transpirer. Une philosophie qui m’a moi-même aidée à renverser cette mentalité, c’est de me répéter que l’entraînement est une récompense pour mon corps (car ça l’est!) qui ne demande qu’à bouger plutôt qu’une punition ou encore une condition.

 

Des moyens qui peuvent t’aider à réduire la culpabilité

Le sentiment de honte et de culpabilité sont extrêmement puissants. Si tu ressens de la culpabilité face à certains aliments, je comprends à quel point il est difficile de « déprogrammer » cette émotion.

Je ne suis pas fan de la pensée magique. Tout comme je crois que c’est de la poubelle de dire aux femmes qui ont un problème d’estime : « Just love yourself ! », je pense que de suggérer de ne plus ressentir aucune émotion négative en mangeant est complètement irréaliste. Quand on veut changer notre comportement ou notre réaction face à quelque chose, ça prend naturellement une période de transition et du temps. Le déclic se fait rarement du jour au lendemain.

Je ne prétends pas pouvoir régler ton problème avec ces conseils (et je ne suis ni psychologue ni nutritionniste), mais voici quelques idées que j’ai suggéré à la femme qui a initialement posé la question dans le groupe qui sont inspirées des choses qui m’ont moi-même aidé dans mon processus.

Pour t’aider à ne pas culpabiliser de manger un repas qui est typiquement moins santé pour toi, je suggère de t’entourer de gens qui ajoute un facteur social et positif à ton repas. Ainsi, ton attention durant ce-dit repas n’est pas entièrement dirigée sur le contenu de ton assiette, mais plutôt sur l’expérience, les conversations, l’ambiance. Si ce n’est pas possible de te rassembler actuellement, même un appel sur FaceTime peut aider à diriger tes pensées vers quelque chose de positif.

Même si j’ai fait d’immenses progrès dans les dernières années, il m’arrive encore de ressentir de la culpabilité en mangeant certains aliments. Une geste simple qui m’aide beaucoup, c’est simplement de planifier. J’ai remarqué que la culpabilité se manifeste davantage quand je mange un aliment typiquement « mauvais » de manière impromptue. Quand je prévois une bonne bouffe ou une gâterie, et que j’ai quelques temps pour me faire une idée assez précise de ce que j’aimerais vraiment manger, le sentiment de honte et le stress sont bien plus sous contrôle.

Il faut aussi réaliser que les fringales et pulsions pour certains aliments sont parfois un signal de détresse que notre corps cherche à nous envoyer, notamment si on s’alimente sous la barre de nos besoins énergétiques journaliers, causant un grand stress pour notre corps. À la base, je pense que de réviser sa stratégie est primordiale question de s’assurer que notre corps a tout ce dont il a besoin et qu’aucun groupe important d’aliments ou de nutriments n’est coupé ou absent de notre alimentation.

Pour réduire le sentiment de culpabilité, il peut parfois aider de s’accorder une petite gâterie quotidienne plutôt que de plonger dans un repas très indulgent le samedi soir. Si on se familiarise avec le fait d’ajouter un petit quelque chose qu’on ne se permettait pas normalement chaque jour, on s’entraîne à accepter le concept de modération, mais aussi à se faire davantage confiance.

Est-ce que tu as du mal à manger un repas « moins santé » sans culpabiliser ?


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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