Si rien ne fonctionne, reviens à ton corps, girl.

27 Juillet 2020 | Anne-Marie Gobeil

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Je sais que tu repenses ta relation et tes comportements envers la nourriture et ton corps. Que tu veux amorcer un changement. Créer une vague de transformation, le genre qui se voit, mais surtout qui se sent.

Je pense que la plupart d’entre nous arrive à un point dans nos vies où on se dit qu’on aimerait donc juste ça être bien dans notre enveloppe de chair, mais aussi là-haut, dans ce qui se passe dans notre tête.

Parenthèse : si tu te dis « oui, ça, c’est moi. », je tiens à te féliciter.

Te féliciter, car tu viens de t’engager dans un sentier peu emprunté, encore embroussaillé où tu trébucheras (probablement) sur quelques racines et t’égratigneras les tibias sur les plantes sauvages.

Et pour faire ça il faut des couilles…ou bien une écoeurantite aiguë.

Je connais le sentiment irritant de vivre dans un corps qui, on a l’impression, nous boude et n’entend que faire à sa tête.

Je connais l’impression vive de ne pas se reconnaître, autant dans le miroir que dans les pensées qui vivent dans sa tête.

Je sais qu’il est facile de perdre toute trace d’empathie envers une enveloppe corporelle qui a quitté le navire et court-circuité tous nos plans de contrôle.

Ce que je dis, en français, c’est que beaucoup de femmes ont, comme moi, longtemps vécu dans un espace où le corps n’est pas ton ami. Où l’amour envers le corps est conditionnel à un certain chiffre sur la balance, une certaine taille de vêtement, un certain niveau de maîtrise et de contrôle alimentaire…j’en passe !

Sacré corps, qu’il est intelligent, indépendant…et captivant.

Parce que malgré les coups et les murs sur lesquels il s’est buté, il est encore là.

Malgré la pression immense de cadrer à la perfection avec certains standard de beauté, il n’a pas craqué.

Compte tenu des attaques reçues, il continue de donner généreusement.

Et un jour, on se réveille doucement (ou abruptement). Tel Néo dans la Matrice, la pilule rouge avalée (semi de travers) m’a ouvert les yeux sur l’auto-destruction de mon corps à laquelle je participais en ignorant de me connecter à lui d’abord pour écouter ce qu’il avait à me dire plutôt que de faire défiler ma liste d’exigences envers lui.

Je pense qu’il y a deux vérités qu’il m’est temps de révéler à ce stade-ci du texte :

Premièrement, le corps est une machine sacrée qui est plus intelligente que le plus puissant des ordinateurs au monde. Le corps n’a pas besoin de se faire dire quoi faire, comment fonctionner. Le corps fonctionne, s’adapte, survit, tout simplement. Le corps est puissant et ses connaissances et mécanismes sont ancestraux (dans le bon sens du terme).

Alors que le corps reste techniquement une enveloppe de chair, de tissus et d’organes…on sait toutes qu’il est bien plus que ça ! Ton essence a choisit ton corps comme maison ; ton corps et ton esprit sont inter-reliés et communiquent en tout temps.

Deuxièmement, ce qui fait tourner le monde moderne, c’est le capitalisme. Sans vouloir jouer sur les touches politiques, voici pourquoi j’en parle : plus nous sommes déconnectées de nos corps, plus nous vivons de manière inconsciente.

Je répète : plus nous sommes séparées des sensations et de la communication naturelle que nous sommes censées avoir avec notre corps, plus nous devenons influençables (et vulnérables) à la consommation non seulement de biens, mais aussi d’un mode de vie désaligné avec nos besoins naturels, de comportements compulsifs, de l’industrie des diètes et du culte de la minceur.

Il y a une raison pour laquelle on peut devenir si déconnectée de son corps qu’on ne cherche qu’à refouler les signaux les plus primaires qu’il nous envoie.

Que ce soit en se servant une cinquième tasse de café pour réussir à garder les yeux ouverts en milieu d’après-midi, de sur-consommer des aliments vides et hyper sucrés sans jamais réussir à assouvir ses fringales ou se sentir satisfaite ou encore en zappant quotidiennement, paralysée sur Netflix pendant quelques heures parce qu’on se sent trop vidée pour bouger son corps ou faire quoi que ce soit d’actif.

Il y a une raison pour laquelle on ressent le besoin de s’échapper de soi-même, de meubler ses chaque petit moment d’attente ou d’ennui durant la journée en consommant le flot incessant d’images et de pensées qui ne sont pas les nôtres sur les médias sociaux. Pourquoi malgré l’hyper-connexion, on peut se sentir atrocement seule et isolée. Pourquoi, quand on est déprimée, anxieuse ou même excitée, nous pouvons vivre certaines pulsions orientées vers des objets, des aliments ou même des personnes ou situations qui déclenchent une relâche rapide et intense de dopamine (l’hormone du plaisir) dans notre cerveau.

Les humains ont besoin de ressentir. Physiquement et émotionnellement. Ce que le monde moderne manufacture, c’est une sélection d’émotions pré-fabriquées : la joie, la tristesse, l’excitation, la colère.

Consommer des aliments vides, des biens, de l’amour (ça inclut les relations, le sexe, mais aussi ce qu’on retire des médias sociaux) de l’alcool ou des drogues de manière insouciante te remplit peut-être d’émotions intenses, mais celles-ci sont aussi excessivement temporaires. Des émotions tellement enivrantes qu’elles sont addictives pour le corps et l’esprit. Puis une fois épuisées, il faut toujours ré-hypothéquer sa santé, ses sous ou bien son temps pour s’en remplir à nouveau. Le cycle est sans fin, à moins qu’on décide d’y mettre fin.

Il n’y a rien de glamour avec le fait de revenir à soi, de revenir à son corps. Parce que ces émotions-là, plutôt que de les acheter à l’épicerie, de les consommer, de les commander, de leur envoyer un bref message texte en fin de soirée, il faut les fabriquer soi-même avec des choses plus simples.

Faire ceci exige d’accepter toutes les limites naturelles du corps humain : d’honorer son corps quand il a besoin de repos et de le nourrir adéquatement, notamment. Ceci exige d’abaisser les attentes extrêmement élevées qu’on a peut-être déjà eu envers lui et de l’épargner de tout jugement. Ceci signifie que tu ne t’engages plus dans des activités et les relations qui ne sont pas alignées avec ton meilleur intérêt et ce que tu imagines comme la meilleure vie que tu peux mener.

Mais c’est aussi exactement dans cette lourde tâche que t’es donné le plus beau des cadeaux : celui de ré-apprendre à te connaître, cette fois sans le voile d’un système économique qui jouit de la déconnexion avec ton corps et tes émotions naturelles.

L’éveil à un corps plus en équilibre avec lequel on est amie débute, je crois, dans le gain de pleine conscience du corps dans lequel tu vis. Quand tu connectes à ton corps, quand vous vous faites mutuellement confiance, le reste suit.

Lorsque je suis devenue plus consciente de mes besoins de faim et de satiété (que je refoulais jadis), j’ai rapidement acquéri une meilleure clarté face à mes autres besoins dans la vie, que ce soit face à mon travail ou bien mes relations amoureuses.

Et là réside le vrai secret d’un corps et d’un esprit plus sains, selon moi. Car le retour à son corps, c’est l’ultime révolution face à une industrie entière qui souhaite que tu manges des aliments génétiquement modifiés pour être addictifs et que tu consommes des médias qui te tirent par les ficelles à coup de publicités montrant une image du corps irréaliste.

Là, je te parle de trucs plutôt abstraits, mais j’ai aussi envie de te partager certaines des meilleurs façons que j’ai de connecter à mon corps. Leur usage est sur une base régulière, mais ces gestes sont particulièrement essentiels quand je me sens déconnectée de mon corps, du moment présent et que j’ai la tête bien enfoncée dans mes pensées et mes anxiétés :

 

1. Faire un « scan » corporel  : le concept est assez simple, je ferme les yeux, je respire et je prends le temps de porter attention à chaque partie de mon corps, du bas vers le haut. « Où sont mes orteils ? Ah ici ! Je peux les remuer », « Je sens mes poumons se remplir d’air. Comment ceci me fait sentir ? », « Je sens ma mâchoire se serrer. Puis-je la relâcher un peu ? Ok, c’est bien ».

La raison pourquoi ceci m’aide beaucoup, c’est tout simplement parce que ça me force à déposer mon attention sur mon corps plutôt que sur le flot d’informations que je reçois dans ma tête ou dans mon écran.

 

2. Bouger mon corps avec respect : ça semble évident que le fait de bouger, de faire de l’activité physique permet d’être plus présente (en plus de stimuler naturellement l’hormone du plaisir), mais il y a une grande différence pour moi entre le fait de bouger pour punir mon corps versus bouger pour honorer mon corps.

Ça n’a pas toujours été le cas, mais aujourd’hui, je ne ressens pas le besoin de souffrir en entraînement pour me sentir accomplie, fière et satisfaite une fois celui-ci complété. Par le passé, m’entraîner était une autre manifestation de ma soumission complète à un système qui valorise la perfection (du corps) et la performance et de l’incompréhension de mes propres besoins.

Parfois, j’ai envie de transpirer et de faire travailler mes muscles, mais bouger n’a plus besoin d’être pour moi le purgatoire des calories consommées en « trop » ou bien l’opportunité ultime de changer la forme de ma silhouette. Je bouge parce que ceci me permet d’habiter mon corps, de m’éloigner du vacarme du monde extérieur et de me rapprocher de mon essence à moi.

Ici, il n’y a pas de règles - et bien qu’il existe des fondements essentiels en entraînement pour exécuter les mouvements correctement et ne pas se blesser, autrement que ça, il n’y a jamais eu de « règle » sur la bonne manière d’être active - et je m’entraîne aussi longtemps que je le sens (parfois, c’est 12 minutes, parfois c’est 50!), où je le veux et sans mettre la pression d’avoir un tas d’équipement à ma disposition.

Que ce soit un entraînement, une séance d’étirement, du yoga, une marche ou bien une randonnée à vélo, le simple fait de bouger ton corps en le rencontrant là où il veut aller te fais faire un bon grandiose en avant dans la reconnexion avec ton corps.

 

3. Valoriser les expériences sensorielles (mange ce que tu aimes, girl) : tes cinq sens sont extrêmement puissants. Et l’une des grands erreurs que je vois bon nombre de femmes commettre dans leur parcours vers une vie plus équilibrée et saine, c’est de sacrifier leur sens du goût pour être certaines qu’elles gardent le contrôle sur leur apport calorique.

La bonne et la mauvaise nouvelle, c’est que ton sens du goût peut t’aider à manger plus sainement, mais que si tu ne l’utilises pas du tout, tu te prives d’une relation vraiment puissante entre ton corps et les aliments sains que tu mets dans ton assiette.

Ton corps est naturellement et biologiquement attiré vers les aliments denses en nutriments qui l’aideront à fonctionner à pleine capacité. Ceci étant dit, comment es-tu censée connecter avec ton intuition alimentaire si tu ne fais jamais appel au sens du goût pour justifier tes choix alimentaires ?

Tes papilles gustatives deviennent très excitées au contact du sucre et des aliments gras et salées, c’est vrai, mais le sens du goût est aussi en place pour te guider, comme une boussole, vers des aliments délicieux et nutritifs…sans grand effort.

Faire confiance à son corps, c’est faire confiance à son sens du goût : il n,est pas traître ou lâche si tu sais comment travailler avec lui.

L’une des meilleures façons de connecter avec ton sens du goût est de cuisiner davantage - idéalement en suivant une recette de façon très décontractée et sans te soucier du nombre de calories à l’intérieur de celle-ci. Plus tu t’immerses dans le processus entier de préparation de tes repas, plus tu seras présente et consciente dans la simple expérience de manger, savourer, te nourrir.

C’est quelque chose que nous observons beaucoup dans notre groupes de clientes : quand elles se mettent à cuisiner avec passion et plaisir, leur relation avec la nourriture (et leur image corporelle) s’améliore rapidement.

L’express, c’est très 20ème et 21ème siècles. Si on retourne aux sources (les vraies), l’être humain a toujours investit un certain temps et asens du rituel dans la préparation de ses repas. Créer tes propres rituels et ne laisse pas ton corps être coupé de ces sensations bénéfiques.

 

4. Prendre une pause : combien de fois as-tu forcé la continuation d’une tâche, malgré la fatigue ou l’absence de concentration et d’intérêt ? Parce qu’on nous a enseigné qu’il faut absolument toujours finir ce qu’on commence, on se donne rarement l’espace et le droit de rebrousser chemin ou de prendre une pause quand on réalise que ce dans quoi on s’est engagée n’est pas très aligné avec soi, là et maintenant.

Si tu te demandes si le chemin que tu empruntes, une relation ou un projet dans lequel tu t'investis est "aligné", tu n'as généralementpas besoin de te pencher sur la question très longtemps : tu sens que quelque chose ne clique juste pas dans tout ton être.

Alors que je ne crois pas qu’il fasse adopter une attitude désinvolte face à tout et se permettre de constamment abandonner nos buts ou engagements au nom du self-care, je pense que d’être une « Yes Woman » peut t’éloigner systématiquement de ce que ton corps et ton esprit désirent réellement. Ce qui m’amène à mon point suivant :

 

5. Dire « non », même à soi-même : Dire « non » est bien plus difficile que de dire « oui ». Dire « non » sans se confondre en excuses ou bien se justifier l’est encore plus.

Mais dire « non » plus souvent aux autres, mais aussi à soi-même (par exemple quand on veut se convaincre qu’il faut rependre nos pêchés alimentaires par un entraînement intensif) reste la meilleure façon de s’honorer, physiquement et émotionnellement.

Quand on dit « non » à des heures supplémentaires au bureau parce qu’on se sent déjà débordée, on dit « oui » à son corps et à une relation plus harmonieuse avec lui.

Du même coup, on rejette la culpabilité et la honte pour se lever de la manière la plus naturelle et révoltante qui soi : en reprenant le contrôle de son corps et de sa vie en entier.


Anne-Marie Gobeil

Anne-Marie Gobeil

FONDATRICE - PRÉSIDENTE DIRECTRICE GÉNÉRALE - BLOGGEUSE - COACH BARBELLE

En gros, je suis Barbelle ! Ça y est, la glace est brisée. Je suis entraîneure de formation, athlète et blogueuse de passion. Mon objectif est de rassembler les femmes dans un mouvement qui les fait sentir fortes et confiantes. À bas les stéréotypes : changeons plutôt la définition du mot « fitness ».


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